lundi 29 octobre 2018

UOMINI CONTRO : 1914-1918 ARTISTES ET ECRIVAINS CONTRE LA GUERRE

(Ce texte est extrait d'un article publié en 2015 dans "Etudes Marxistes" n° 110 )
Il163  est admis dans les analyses sur la Grande Guerre que le courant de refus de la guerre, pacifiste et internationaliste, a été de faible importance en Belgique.
 Il en allait différemment en Russie, bien sûr, en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Serbie, en Bulgarie où majoritaires et minoritaires se sont affrontés au sein du mouvement socialiste. Alors que de grandes voix intellectuelles se faisaient entendre pour la paix, comme celle de Romain Rolland en France, la Belgique semble avoir connu le règne sans partage de la « défense de la patrie », du rassemblement autour de la monarchie, de l’Union sacrée. 
Cela peut s’expliquer par la violence de l’attaque allemande, la violation de la neutralité, la cruauté des troupes du Kaiser, les massacres, et surtout aussi par le statut de pays occupé. Tout acte d’internationalisme, de pacifisme, de refus de la guerre pouvait être — et a été — interprété comme acte de trahison de la patrie, ou pouvait être manipulé par la puissance occupante comme acte d’allégeance.
L’opposition à la guerre est communément réduite à l’« activisme », démarche politique consistant à utiliser la situation de guerre pour stimuler le mouvement flamand. La plupart des dirigeants bourgeois activistes se sont alignés sur la Flamenpolitik de l’occupant allemand. Après l’Armistice de 1918, la chasse aux sorcières se met en place. Si on n’avait pas partagé les buts de guerre de l’Entente, on était du côté de l’Allemagne et de ses alliés, et dès lors, accusé de trahison. « Toutes les pensées généreuses et toutes les initiatives nouvelles sont condamnées au silence, à la clandestinité ou à la collaboration164. »
Mais quelques « hommes contre » se sont quand même levés. Ils ont écrit, parlé, crié ou murmuré. On les a souvent punis pour essayer de les faire taire et leur histoire a été — et est toujours — occultée. Ils ont été les précurseurs de cet éveil des consciences qui balayera l’Europe, dont la Belgique, dans les années 1917-1920.

Au-dessus de la mêlée

Portrait de Romain ROLLAND par Frans MASEREEL
Impossible d’aborder le sujet sans évoquer la figure de Romain Rolland, qui a en quelque sorte ouvert la voie au combat antiguerre, parmi les artistes et écrivains. Debout, seul, contre la guerre, contre la haine, l’auteur de   Jean Christophe interpelle, dès septembre 1914, les élites européennes, les intellectuels, les Églises, les partis socialistes, « qui attisent l’incendie » ; « chacun y apporte son fagot », dit-il. Il accuse l’impérialisme. Mais son analyse de l’impérialisme n’est pas celle de Lénine.                     Tout en désignant les « trois grands coupables, les trois aigles rapaces », les trois Empires, Russie, Allemagne et Autriche-Hongrie, il ajoute aussitôt : « Le pire ennemi n’est pas au-dehors des frontières, il est dans chaque nation ; et aucune nation n’a le courage de le combattre. » « C’est ce monstre à cent têtes, qui se nomme l’impérialisme… Chaque peuple a, plus ou moins, son impérialisme ; quelle qu’en soit la forme, militaire, financier, féodal, républicain, social, intellectuel, il est la pieuvre qui suce le meilleur sang de l’Europe. » Et d’exiger la création par les pays neutres d’une haute cour des peuples pour juger les crimes de guerre, d’où qu’ils viennent.
Le grand mérite de Romain Rolland est d’avoir, dès le début de la guerre, osé aller à contre-courant. Au détriment de ses amitiés internationales que son roman Jean Christophe lui avait créées, au détriment de sa situation personnelle et de sa réputation, il vit en exil en Suisse pendant 24 ans.
Sa pensée n’est certes pas prolétarienne. Il croit avant tout au rôle des élites de « l’esprit » chargées, selon lui, d’éclairer les peuples. Il veut le rassemblement d’un cercle d’intellectuels « purs » se posant comme conscience morale de toute la société. Mais ce rassemblement doit refuser toute discrimination entre les nations ou entre les races. Message élitiste, un peu mystique sans doute, mais universaliste et profondément humaniste, qui est comme un rayon de lumière dans les ténèbres du massacre et de la haine.
Considéré, aussi bien en France qu’en Allemagne, comme l’ennemi public no 1, censuré dans son propre pays, il est vilipendé par tous comme « l’anti-France ». « On ne lui fit pas grâce des plus viles calomnies : il collaborerait à des feuilles allemandes ; son éditeur américain serait un agent du Kaiser […] la presse entière s’entend pour le boycotter165. » Il est néanmoins, en 1915, couronné par le prix Nobel de littérature166. Peu à peu, il recrée un tissu international de contacts et d’amitiés liés par le refus ferme de la boucherie impérialiste. Le noyau pacifiste de Genève est lui-même peu ou prou influencé par les idées révolutionnaires de la gauche socialiste de Zimmerwald, puis en 1917, par la révolution russe. Les plus grands intellectuels du monde entier se rangent à ses côtés : S. Zweig, P. J. Jouve, M. Gorki, U. Sinclair, G. Duhamel, H. Mann et bien d’autres. Parmi eux, un Belge de Gand, Frans Masereel.

Frans Masereel

Masereel, maître incontesté de la gravure sur bois, est né en 1889 à Blankenberge. Il fait partie de cette génération de jeunes bourgeois flamands marqués par les grands mouvements d’idées de la fin du 19e siècle : l’anarchisme, mais aussi le socialisme naissant. Il est influencé à la fois par son milieu familial, libre penseur et anarchisant, et par les plaidoyers d’Édouard Anseele, père fondateur du POB, pour la justice sociale et contre l’exploitation éhontée des ouvriers. Il assiste aux grandes manifestations pour le suffrage universel et contre le travail des enfants. « Chaque matin, il voit passer cette foule anonyme, se dirigeant vers l’usine, où jour après jour, de six heures du matin jusqu’à sept heures du soir, l’on travaille aux métiers à tisser pour un salaire de famine de 2,5 francs par jour. » « Ça me révoltait », dit-il167.
C’est la rencontre avec un artiste ami de la famille, ses pérégrinations dans les innombrables ruelles de Gand, puis la découverte de Paris, qui éveillent en lui la passion du dessin et du noir et blanc, plus que les cours du soir des Beaux-Arts. En 1909, il est exempté du service militaire par un tirage au sort favorable (c’est la dernière année d’application de la « loi sanguinaire », qui désignait les conscrits par tirage au sort).
Frans MASEREEL (à dr.) avec Romain ROLLAND
Dès lors, il voyage et finit par s’installer à Paris. Les amitiés nouées dans la capitale française pendant les années 1911-1914 sont décisives à la fois pour le développement de son art et pour son engagement futur. Citons Henri Guilbeaux, artiste anarchisant, admirateur de Verhaeren, et qui, plus tard, proche de Lénine, rallie les communistes, et aussi Stéphane Zweig et bien d’autres.
C’est en Bretagne que la guerre le surprend. Il rentre d’urgence à Gand, où il est rayé des registres de la population, et où personne ne peut lui préciser sa situation militaire. Il quitte Gand, juste avant l’occupation de la ville par les troupes allemandes, non sans avoir réalisé plusieurs esquisses de Termonde, ville martyre en ruines. Il rejoint Paris, puis Genève. En 1915, installé avec sa famille à Genève, fidèle à ses choix politiques, il connaît la pauvreté et la vie difficile de l’exilé : il travaille bénévolement pour l’agence des prisonniers de guerre de la Croix rouge, aux côtés de Romain Rolland, et vit de petits boulots, comme garçon de café.
C’est principalement dans trois publications que la tendance pacifiste antimilitariste et internationaliste s’exprime à Genève : Demain, dirigée par Henri Guilbeaux, Les Tablettes de Jean Salives et La Feuille dirigée par Jean Debrit. L’inspiration politique et idéologique de ces revues est diverse : anarchisme, pacifisme tolstoïen, antimilitarisme. Mais il est clair que le courant politique des conférences de Zimmerwald et Kienthal, le courant du socialisme internationaliste y joue un rôle prépondérant, notamment par l’influence de Guilbeaux, qui a assisté, comme délégué français, à la deuxième conférence à Kienthal en avril 1916168.
L’expérience de La Feuille est à plus d’un égard exemplaire. Quotidien publié à partir d’août 1917, ancré dans le monde journalistique suisse — son directeur Jean Debrit était issu du Journal de Genève —, La Feuille est diffusée dans toute la Suisse, y compris la partie alémanique. Elle est interdite en Allemagne, en France et dans les pays francophones, y compris en Belgique occupée. Malgré la censure, cependant, elle est diffusée en France, par le siège de La Vie ouvrière. Sa rédaction reçoit ainsi de nombreuses marques de sympathie, mais aussi des courriers qui sont loin d’être amicaux : « On nous traitait de tous les noms comme bandits, traîtres, vendus169. » La ligne politique est très claire. Pour Debrit, le directeur, et sa rédaction, la guerre n’est rien d’autre qu’une crise sanglante du capitalisme où l’on sacrifie en masse les ouvriers européens afin de préserver les intérêts de la haute finance et des grands industriels. Militaristes, nationalistes, colonialistes et fabricants d’armes, tous figurent tour à tour à la Une. La rédaction veut ainsi combattre la haine et les préjugés, en essayant de révéler la vérité et porter un jugement impartial sur tous les peuples belligérants sans distinction.
Chaque jour, Masereel produit un dessin de première page qui commente l’actualité. « Ce n’est que tard le soir, vers 11 heures, qu’il arrive à la rédaction. Il parcourt vite les journaux, les derniers communiqués et dépêches et dispose alors de deux heures pour faire son dessin. La plupart du temps, il s’inspire d’une citation tirée d’un communiqué gouvernemental ou d’un titre de journal, mais il lui arrive aussi de rédiger lui-même la légende. Il devient maître dans l’art de trouver ce que Henry Van de Velde appelle “une légende lapidaire, cruelle et foudroyante”170. »
Convoqué au consulat belge de Genève en automne 1917, il refuse de se mettre à la disposition des autorités militaires belges. Cela lui vaut d’être déclaré « déserteur » par les autorités belges du Havre. Il reste banni de son propre pays jusqu’en 1929 !
Masereel a donné l’image d’un homme profondément engagé, militant de la paix, qui met quotidiennement son art au service de son combat politique. On le présente volontiers aujourd’hui — du moins quand on daigne, en ces années de commémoration, parler de lui — comme un objecteur de conscience, exemple du pacifiste opposé à toute guerre et à toute violence, qui aurait fui Gand dès août 1914. Bizarre, pour un homme qui s’est volontairement présenté à trois reprises aux autorités belges, au consulat belge de Brest et à la commune de Gand en août 1914 et au consulat belge de Paris en 1915.
Cette approche évite de poser le débat de fond sur la nature de la guerre, et permet d’offrir une image consensuelle d’un des maîtres mondiaux de la gravure sur bois. D’autant plus qu’aujourd’hui, l’objection de conscience n’est plus un délit. Les seuls opposants à la guerre seraient, soit des traîtres activistes pro-allemands, soit quelques rares objecteurs, pour raison morale. Mais de vrais opposants politiques, point ! Il m’apparaît plutôt que c’est l’activité politique militante de Frans Masereel à Genève qui est à l’origine de l’ordre de rejoindre l’armée de l’Yser et que c’est son refus de déserter son propre combat antimilitariste — ses dessins, son journal — qui est puni politiquement par l’accusation infamante de désertion. D’ailleurs, dans les années 20, le triomphalisme chauvin belgicain, mêlé à l’anticommunisme ambiant, dresse un barrage contre son retour au pays. Ce n’est qu’en 1929, que le vote d’une loi « sur l’extinction des poursuites », s’appliquant également aux « récalcitrants et réfractaires » lui permet de retrouver le pays de sa jeunesse, Gand, la région de la Lys, la vallée de l’Escaut, le littoral flamand. Émile Vandervelde lui propose bien en 1927, de rentrer au pays et de se laisser condamner comme réfractaire, avec la promesse que tout s’arrangerait. Mais l’artiste, lui, a des principes et il refuse.
roman en images :  les 25 images de la passion d’un homme
Dans la ligne radicale des Tablettes et de La Feuille, l’artiste entreprend au printemps 1918 la confection d’un merveilleux  roman en images :  "les 25 images de la passion d’un homme" 171, très probablement inspiré, selon son biographe J. Van Parys, par la grève — fin 1917 — dans les usines d’armement de Saint-Étienne et du département de la Loire et par l’exemple de son dirigeant Clovis Andrieu. Dirigeant syndical actif contre l’Union sacrée, celui-ci a été lui aussi « puni », avec l’ordre de rejoindre son unité. Une grève de 210 000 travailleurs oblige alors le gouvernement français à reculer. En mai 1918, Andrieu organise — fait remarquable, mais méconnu — une grève politique révolutionnaire pour la paix et pour arrêter toutes les usines de guerre. Il est arrêté et incarcéré jusqu’en 1919.

Du pacifisme internationaliste à l’antifascisme

La vie et l’engagement de Frans Masereel, aussi bien que de Romain Rolland illustrent la conception internationaliste des grandes figures pacifistes de la Première Guerre mondiale. Il y a d’ailleurs une continuité entre leur combat de Genève contre la guerre impérialiste de 1914-1918 et leur engagement antifasciste des années 30. En 1933, Masereel écrit : « Nous allons vers une époque où Goethe serait en prison, Beethoven pendu, Shakespeare enfermé, Rembrandt dans un camp de concentration, Voltaire guillotiné172. » Il signe l’appel de Romain Rolland et Henri Barbusse visant à organiser un congrès pacifiste international à Amsterdam, qui est l’origine, après l’arrivée de Hitler au pouvoir, du grand mouvement antifasciste des artistes, écrivains et intellectuels, connu sous le nom d’ Amsterdam - Pleyel, pour le désarmement, contre la guerre et contre le fascisme. Parmi les participants, de grands noms, souvent déjà signataires des appels de Rolland et Barbusse de 1919 : Bertrand Russel, Albert Einstein, Heinrich Mann, Maxime Gorki, Mme Sun Yat-sen, John Dos Passos, Upton Sinclair.
Frans Masereel quant à lui, traité par un nazi de Hambourg de « dessinateur-agitateur pacifiste au service du judéomarxisme », ses œuvres au grand complet considérées par les nazis comme « nuisibles et indésirables », s’engage aux côtés des victimes du fascisme hitlérien. Défenseur de l’Union soviétique, solidaire de l’Espagne républicaine, artiste du Front populaire, c’est avec un faux passeport qu’il traverse l’occupation nazie et échappe aux rafles de la Gestapo. Engagé aux côtés des maquisards — le moulin où il s’était réfugié servait de boîte aux lettres — au printemps 1944, il est loin de l’image du pacifiste à tout crin ; c’est bien d’un combattant, engagé à gauche dont il s’agit !

NOTES
163 Uomini Contro (Les hommes contre) est le titre d’un film sur un épisode de la Première Guerre mondiale. Voir https://it.wikipedia.org/wiki/Uomini_contro.
164 Daphné de Marneffe, Entre modernisme et avant-garde : Le réseau des revues littéraires de l’immédiat après-guerre en Belgique (1919–1922), thèse présentée en vue de l’obtention du titre de docteur en Langues et Lettres, Université de Liège, 2007, p. 104, bictel.ulg.ac.be/ETD-db/collection/available/Ulgetd-09292007-212823/unrestricted/02These_DdeMarneffe.pdf.
165 S. Zweig, Romain Rolland, Le Livre de Poche, 2014, pp. 311-312.
166 Qui ne pourra lui être remis qu’en 1916.
167 Cité dans Joris Van Parys, Frans Masereel : Une biographie, AML éditions, Bruxelles, 2008, p. 27.
168 J. Van Parys, op. cit., pp. 56-57.
169 Voir Pierre Vorms, Gespräche mit Frans Masereel, VEB Dresden, 1967, p. 36.
170 J. Van Parys, op. cit., pp. 62-66.
171 Frans Masereel, Die Passion eines Menschen, 25 gravures sur bois, Kurt Wolff, Munich, 1928, www.frans-masereel.de/15377_Passion.html.
172 Frans Masereel, « Lettre à Georg Reinhart », 16 octobre 1933, cité dans J. Van Parys, op. cit., p. 264.

vendredi 28 septembre 2018

1936 - QUAND UN VENT DE GAUCHE SOUFFLAIT SUR LA PROVINCE DE LIEGE



JUILLET 1936: les premiers trains des congés payés(photo IHOES Seraing) 
 http://www.ihoes.be/PDF/IHOES_Analyse166.pdf.

 La Province de Liège : revenue sous le feu de l'actualité ces 2 dernières années à travers l'affaire PUBLIFIN, où l'institution a joué un rôle majeur,  pas des plus glorieux . Elle est aussi cet automne comme tous les 6 ans un enjeu électoral.
Mais l'institution provinciale - Conseil et Députation Permanente - n'a pas toujours été la chasse gardée de profiteurs qui s'étaient  concoctés de bonnes places et de bons revenus, à l'abri de tout contrôle démocratique,
 Retour aux années 1936 1939 où une majorité de gauche authentique gérait la Province de Liège.

LA GREVE DES  500 000
JUIN 1936 : un des plus grands mouvements de grève traverse tout le pays, au Nord comme au sud, groupant les syndicats socialistes comme les chrétiens, touchant toutes les branches professionnelles : on l’a appelé « la grève des 500000 »
Certes, après la grande crise de 1929, et après la victoire en 1933 des nazis en Allemagne, la tendance en Europe revenait vers  la gauche : victoire électorale des listes de Front Populaire en France le 3 mai, suivie dès le mois de mai de grèves avec occupations d’usine qui culminent dans la grève générale de juin 1936 pour les congés payés, la semaine de 40 heures et une augmentation des salaires.
 Victoire électorale aussi en février 1936 du Frente Popular en Espagne, qui sera suivie, elle, en juillet du putsch fasciste de Franco , d’une longue et cruelle guerre civile de 3 ans pour la défense de la République… et d’une dictature franquiste de près de 40 ans !

Mouvement massif- un de plus importants de l’histoire des grandes grèves belges, le mouvement de Juin 36 en Belgique est remarquable par son ampleur, par ses objectifs et surtout par les victoires remportées.
Et comme beaucoup de grèves générales prolongées en Belgique je cite entre autres, 1902, 1932 et dernière en date 1960-61, il n’est pas né d’une décision au  sommet des organisations des travailleurs, mais il est né à la base, d’abord comme grève spontanée , « sauvage » ; il s’est ensuite répandu à partir des sections syndicales de base  , comme une traînée de poudre de région en région, de Flandre en Wallonie, d’usine en bureaux, englobant la plupart des centrales professionnelles  pour devenir une grève générale reconnue in fine  par les organisations des travailleurs.
Et pour la première fois, syndicats socialistes et chrétiens présentèrent et négocièrent ensemble un cahier de revendications
Toutes les conditions de succès étaient réunies : mouvement interprofessionnel issu de la base, du Nord au Sud du pays, secteur privé mais aussi secteur public, ralliant aussi des secteurs d’employés et, « tous ensemble », syndiqués socialistes, chrétiens et même libéraux, sorte de « front commun » avant la lettre. (1)

Les 4 objectifs 
  • La semaine des 40 heures (payées 48)
  • Les congés payés.
  • Une hausse des salaires, avec un minimum légal de  32f par jour
  • Le plein exercice de la liberté ouvrière par la reconnaissance syndicale.
Ces quatre objectifs ont été précisés par la commission syndicale des syndicats socialistes (POB) le 12 juin et acceptés pour l’essentiel par la Confédération des Syndicats chrétiens (CSC) le 13 juin.

Chronologie de la grève : des dockers d’Anvers aux mineurs de Liège, des femmes de la FN aux employés  de Bruxelles…
26 mai – Anvers : grève générale antifasciste au port d’Anvers, et journée de protestation lors des funérailles de Albert Pot en Theofiel Grijp , deux militants ouvriers socialistes assassinés  par des fascistes, le 22 mai, en pleine campagne électorale.
 2 juin : une grève spontanée, non reconnue par les syndicats, éclate sur les docks du port d'Anvers. Ils occupent des bateaux et exigent une augmentation de 14 F par jour. Elle est rejointe par ls ouvriers diamantaires.
7 juin : En France, les accords de Matignon sont signés par les syndicats, le patronat et le gouvernement. Ils concernent la semaine de 40 heures, les congés payés et une augmentation générale des salaires.
GREVE A LA  FN HERSTAl; les femmes au piquet
9 -11 juin : Au départ de « Batterie », les 7000 mineurs du bassin liégeois débrayent à leur tour.
12 juin : les femmes de la FN, après la pause de midi appelèrent les hommes à entrer en grève. En cas d’hésitation, elles coupent les courroies des machines.
14 au 21 juin : La grève s'étend à toutes les régions, tous les secteurs y compris les services publics, et les employés du privé : banques et assurances ; elle rassemble 500000 grévistes.
18 juin : la gendarmerie organise une rafle à Quaregnon, et ouvre le feu sur les façades, assassinant une ménagère à sa fenêtre, la veuve Boitel.
17 au 30 juin : grève et négociations avec le gouvernement, et en commissions paritaires se poursuivront en parallèle : le 30, il y a encore 150000 grévistes.
Verviers reprendra le travail seulement le 3 juillet et le textile en Flandre le 6 juillet.

Les acquis et … les promesses
 Les élections législatives du 24 mai 1936, n’ont pas contrairement à la France conduit en Belgique à la constitution d’un gouvernement de Front Populaire. Le rapport de force électoral ne le permettait pas, et la poussée fulgurante des partis d’extrême droite de type fasciste REX et VNV (près de 20% des voix à eux deux -37 députés) encouragea le maintien d’un gouvernement d’Union Nationale, Van Zeeland II, avec participation des figures de proue socialistes Emile Vandervelde, Henri De Man, PH Spaak, Joseph Merlot, Achille Delattre.
Forcés par la rue de négocier et de répondre aux revendications des travailleurs, certains  ministres libéraux se posaient la question de « barrer la route à ceux qui entraînent la pays dans l’aventure » et même  certains  socialistes y allaient de leur petite chanson mélangeant les promesses illusoires et des appels au« rétablissement du calme », au « respect de la loi » », à  la nécessaire « confiance de la classe ouvrière dans le gouvernement » déplorant  la « perte pour le pays entier que représentait chaque jour de grève »  (Delattre et Spaak et le catholique Van Isacker)) (2)

Les congés payés : Emblème des grèves de 36, en Belgique comme en France, la conquête des congés payés : la loi du 8 juillet 1936 accorde à l’ensemble des travailleurs, embauchés depuis un an dans l’entreprise, une semaine de 6 jours de congés payés.
Les salaires : sous la pression du rapport de force créé par la grève alors à son sommet, la plupart des 31 commissions paritaires (sidérurgie, construction mécanique, zinc et non ferreux etc.) inscrivirent dans des conventions la revendication des grévistes du salaire minimum masculin de 32francs / jour, mais les discriminations subsistaient par rapport aux femmes, aux jeunes et aux immigrés.
D’autre part, les travailleurs obtinrent des augmentations de salaire de l’ordre de 10% en moyenne.
La hausse des allocations familiales (revendication portée par les syndicats chrétiens) la loi du 28 juillet 36 en relève les plafonds.
La semaine de 40 heures, (payées 48)
 Portée comme revendication générale et immédiate, comme en France, par le mouvement gréviste, ce fut le point le plus controversé, avec une forte résistance patronale et gouvernementale.
Ce fut, contrairement à la France (3) plus la victoire d’un principe, qu’un acquis.
En 1963, 40 h et congés payés toujours à l'ordre du jour
affiche du PCB ( "Voix du Peuple") 1963



Promettant une « formule partielle et progressive », le gouvernement fit voter le 9 juillet 1936 une loi accordant la « possibilité de réduire progressivement » jusqu’à 40 h la durée du travail dans les industries aux conditions de travail « insalubres, dangereuses ou pénibles » (on n’y précise pas le salaire)
« Le Roi peut, aussi dans toutes les branches de production rendre obligatoire les réductions de la durée de travail admises par les commissions paritaires »
Un an après, seuls quelques milliers de travailleurs seulement avaient obtenu la semaine de 40 heures et il faudra de nombreux combats et une longue attente de plus de 40 ans pour obtenir par la loi du 20 juillet 1978 relative aux contrats de travail le régime légal des 40 heures par semaine.
Le renforcement des syndicats : « un des résultats moraux les plus prometteurs, ce fut le développement du syndicalisme, notamment parmi les femmes, aussi par la désertion massive des caisses de secours patronales (appelées à Liège, les « caisses à robette ») vers les mutualités et les syndicats. « (4)


ELECTIONS PROVINCIALES DU 2 JUIN  :  FRONT POPULAIRE

Accompagnant le puissant mouvement gréviste dans la province de Liège, une forte poussée de gauche fut enregistrée aux élections provinciales. Avec 10 conseillers communistes (+7) et 34 socialistes, une majorité de Front Populaire était possible.
 D’autant plus que la droite traditionnelle (catholiques + libéraux) s’était effondrée et qu’au bloc de gauche faisait face un puissant bloc fasciste (22 conseillers).
Encore fallait-il se doter d’un programme à la hauteur d’une telle situation politique et sociale.
Le préambule, déjà, sort de l’ordinaire ; on y lit notamment
  •        Emancipation intégrale des travailleurs
  •       Lutte contre le fascisme et tous les ennemis de la démocratie par la défense des libertés constitutionnelles.
  •       Défense des revendications élaborées par les organisations syndicales

 « RUE CONSEIL RUE » :  UNE PROVINCE SOCIALE
Et le programme spécifiquement provincial est fondamentalement social : subventions de secours mutuel (mutualités) subventions aux victimes de la crise, aux agriculteurs frappés par le chômage, aux chômeurs non assurés ;
Indexation des salaires et traitements du personnel provincial.
Soutien et développement des écoles provinciales ; organisation des repas scolaires.
Exonération de la taxe sur les vélos, servant aux ouvriers pour se rendre au travail.
Reprise graduelle comme services publics de l’éclairage, la force motrice, des transports en commun.

(5) UNE PROVINCE ROUGE
D’emblée, la Députation permanente, installée le 15 juin, regroupant 5 députés permanents (3 socialistes Noël, Leclercq et Lhomme et 2 communistes, Thonet et Grognard) marqua publiquement son appui aux grévistes de juin 1936.
Elle inscrivit tout de suite son action dans le cadre des grandes revendications syndicales :  
  • 1.     Aucun fonctionnaire provincial ne peut cumuler deux fonctions rétribuées. C’était là une mesure de salubrité publique et une contribution efficace à la lutte contre le chômage.
  • 2.     Les salaires et traitements furent tous réévalués de l’ingénieur au commis technique, de l’enseignant au chauffeur mécanicien.
  • 3.     La pension à 60 ans à la place de 65 ans, revendication des 2 partis et des syndicats, fut ratifiée en conseil provincial et instaurée pour tous les fonctionnaires nommés à partir du 1er janvier 1937.
Mais cette mesure sociale fut cassée le 20 juin 1936, arbitrairement par le gouvernement Van Zeeland II – qui comptait pourtant 6 ministres socialistes .

La province démocratique de Liège donna  une de ses priorité à l’enseignement ; l’enseignement technique industriel avec ses 4 écoles de Seraing, Herstal, Huy et Verviers était dans les conditions de l’époque, un des fleurons reconnus même à l’étranger de l’enseignement technique, et la Députation Permanente accorda les budgets pour agrandir les écoles (Herstal et Huy) les équiper en nouvelles machines, créer de nouvelles sections, et… accorder  le repas de midi gratuit à tous les élèves pendant tout leur cursus.
De même dans l’enseignement technique agricole à Waremme (garçons et filles) et dans le Condroz, de nouvelles écoles allaient sortir de terre. D’autre part, les subsides de la province à l’enseignement maternel et primaire, pour la construction et l’aménagement d’ écoles  augmentaient de 40%. 

C’est aussi pour répondre aux victoires de « la rue », la conquête générale des premiers congés payés, que fut créé le Centre de repos et de vacances de Wégimont ; réalisation à mettre au crédit du député permanent communiste Joseph Thonet.
Il s’agissait, tout de suite, d'offrir aux travailleurs une structure accessible à tous.
En moins de 2 ans – oui vous lisez bien 2 ans ! -  le centre était devenu une réalité : dés 1937, l’auberge de jeunesse était ouverte pour héberger une centaine de jeunes ; un terrain de camping avec garage pour vélos, sanitaires est ouvert pour une centaine de tentes .
Le château était aménagé en hôtel pour 200 vacanciers, avec salle de lecture, plusieurs salles de bain, un grand réfectoire, une grande piscine et une plaine de jeux.
Le tout à un prix très démocratique, avec une faveur pour les travailleurs en congé payé.
L’hôtel devrait refuser du monde, et le dimanche, des milliers de travailleurs venaient profiter de cette réalisation dans le domaine des vacances ouvrières.
En vue de résorber le chômage, la province augmenta aussi les subsides aux communes pour stimuler la construction de routes, de canalisations d’eau et d’hôpitaux ainsi que des grands travaux comme par exemple le pont d’Ougrée, ou les travaux du Grand Liège à l’occasion de l’exposition de l’eau en 1939, et créer ainsi des emplois.
 Dans le domaine de la culture aussi, le gouvernement provincial augmenta les subsides à la bibliothèque provinciale , aux académies de musique et aux musées (Musée de la Vie Wallonne, musée de Seraing) .



 UNE PROVINCE SOLIDAIRE : L’ESPAGNE REPUBLICAINE
L’engagement antifasciste de la Députation Permanente et de la majorité de Front Populaire était au centre de la déclaration de principes des deux partis signataires : le Parti Ouvrier Belge et le Parti Communiste de Belgique, et dés son installation, le Conseil Provincial avait voté une motion de solidarité avec le gouvernement de la République Espagnole, en lutte contre le putsch militaire de Franco.
Il est vrai que là aussi, c’est le principe « Rue – Conseil – Rue » qui est à l’œuvre, tant la « rue », c’est-à-dire les partis de gauche, les associations démocratiques, les organisations     d’intellectuels, les organisations de jeunesse, des sections syndicales, le peuple de gauche en quelque sorte, était mobilisé pour la solidarité avec l’Espagne Républicaine.
 Impressionnant est le nombre et la diversité des actions menées dans la région de Liège : collectes de fonds pour soutenir la République, envoi de vivres, tricots et vêtements chauds, collectes pour construire et équiper un hôpital pour les combattants espagnols de la République (on souscrit pour un, deux ou plusieurs lits pour l’hôpital), souscription pour des ambulances.
Le nombre de meetings dans l’arrondissement de Liège durant les 3 années de combat de la République est lui aussi impressionnant ; plusieurs centaines de conférences et rassemblements, et ce souvent en commun, surtout la première année, communistes et socialistes.
Pour le Parti Communiste, c’est Julien Lahaut, député de Liège, qui coordonne l’aide : » Il courait les rues de Liège, de Mons, de Charleroi, à la tête de cortèges enthousiastes. Il accompagna à Valence et à Madrid un convoi de vivres. Il rendit visite aux volontaires belges sur le front. Il intervint à la Chambre. Et quand les premiers enfants espagnols, arrachés à la faim et aux bombardements, arrivèrent en Belgique, Julien Lahaut en hébergea trois chez lui. » (6)
Le plus admirable sans doute, c’est l’engagement pour l’accueil de plusieurs milliers             d’enfants de la République : « los ninos de la guerra »
"dans la longue descente vers Liège, les 3 cars, ornés de banderoles demandant au peuple belge de se souvenir de 1914 et d'arracher les enfants espagnols à l'atroce tuerie, étaient l'objet de l'attention sympathique de la population ... A la Maison Syndicale, où les enfants devaient se restaurer, une foule énorme les attendait. Spectacle émouvant. Les femmes et les hommes pleuraient ;
Vers 7H30, départ vers la Populaire, où les parents adoptifs attendaient…L'émotion atteint son paroxysme quand les enfants montent sur la scène au "milieu des vivats à l'Espagne, des acclamations et des embrassades par des mamans qui pleuraient à chaudes larmes" pour former un choeur et chanter l'Internationale. » (7)

Ce sont tous les mouvements et organisations de la gauche liégeoise, socialistes, communistes, antifascistes, portant aussi dans l'unité toutes leurs divergences, qui sont sur le pont : c’est ainsi qu’en février 1939, 274 enfants âgés de 5 mois à 12 ans sont hébergés à la coopérative de Micheroux, où Arnold Boulanger, le directeur, a fait préparer par les ouvriers et ouvrières de la coopérative des repas chauds, et où les dortoirs -300 lits- sont aménagés dans plusieurs halls bien chauffés de l’usine.(8)
Je n’ai pas pu m’empêcher, en relisant ces lignes de penser aux enfants réfugiés d’aujourd’hui, et à leurs parents, fuyant la guerre et à l’accueil que nous, peuple de gauche solidaire, devons leur réserver, alors que les héritiers de Rex et de la droite extrême les décrivent comme des voleurs, des profiteurs, des « envahisseurs » et les enferment dans des centres fermés !
Mais me direz- vous, qu’est- ce que cela à voir avec la Province. ?
Bien sûr, la Députation Permanente n’a pas eu un rôle déterminant, mais, le fait qu’ait existé une majorité de gauche antifasciste élue à Liège a été un stimulant pour l’élan de solidarité avec la République Espagnole Elle patronna les collectes de fonds et de vivres de la Coalition pour l’aide à l’Espagne Républicaine dans toutes les communes de la province.
Car ce ne fut pas un long fleuve tranquille : au sein du POB, la majorité de la direction nationale, derrière Paul Henri Spaak, était conquise aux thèses de l’impérialisme britannique, suivies par l’Internationale Socialiste de non intervention étrangère dans le conflit espagnol;
alors même que les troupes de Mussolini se battaient sur le terrain et que les stukas de Hitler bombardaient Guernica, Madrid et les villes espagnoles !
Et, en janvier 1939, alors que Madrid et Barcelone résistaient toujours, le gouvernement belge, avec un Premier ministre POB, Spaak, après de multiples contacts bilatéraux, reconnaissait « de jure » le régime franquiste, établi à Burgos, et ce au nom des « intérêts économiques de la Belgique » !
Tout cela avait aiguisé les contradictions dans le monde socialiste, le POB était brisé en deux par la question de l’Espagne. Mais la gauche, nettement hégémonique à Liège tenait bon avec des René Delbrouck, des Georges Truffaut (9), les JGS,  les députés liégeois à la Chambre, (sauf Merlot) … et la Députation Permanente tenue par le contrat d’entente de juin 1936 entre  communistes et  socialistes
Seuls à Liège, Merlot (Ministre de l'Intérieur et de la Santé Publique) et Bondas (syndicaliste) défendaient Spaak et la reconnaissance de Franco!
Paul Renotte, conseiller provincial communiste de Liège devait souligner devant le conseil provincial le 2 octobre 1969 :(10)
« Nous n’avons pas rompu l’Unité ouvrière, messieurs les socialistes, quand le citoyen Blum, alors chef de gouvernement, a inventé « la non intervention » qui a permis au fascisme international l’étranglement de l’Espagne républicaine.
Nous n’avons pas rompu l’Unité ouvrière lorsque les Spaak, Deman, Bondas et cie ont empêché la réalisation du front antifasciste, lorsqu’ils ont brisé les comités de coordination d’aide au peuple espagnol, lorsqu’ils ont reconnu Burgos... »
Et on saisit, en ayant en tête les lignes qui précèdent sur cet élan liégeois de solidarité, hors du commun, combien ils- les communistes- ont été à la fois fidèle à leur pacte d'entente qui limitait les contraintes du contrat à l'administration de la Province de Liège. Et  combien ils ont été politiquement clairvoyants.

Voilà cher lecteur une page méconnue de l' histoire de la Province de Liège.
Ne doit elle pas aujourd'hui nous inspirer ? 
N'aspirons nous pas  , nous aussi, peuple de gauche des années 2000, à une province démocratique et éthique, qui mette, elle aussi la priorité à un enseignement égalitaire de qualité , une province d'emplois et de service publics et de culture,et  aussi une province solidaire ?
En ce qui me concerne, c'est en tout cas le sens de mon engagement. (11)


NOTES
(1) sur la grève des 500000
C COLIN et A. BONENFANT membres du CC du PCB : "La grève formidable des 500000 en Juin 1936" editions Germinal Bruxelles 1937
Isi DELVIGNE "La Grande Grève" Editions Mosanes Liège 1936
"Solidaire" journal web du  Parti du Travail de Belgique juin 2016 :
 https://solidaire.org/articles/1936-les-travailleurs-la-conquete-du-temps

(2) cité dans COLIN et BONENFANT op cité p 20

(3) En France, sous la pression de la grève générale, le parlement promulguera, sur proposition du gouvernement le 21 juin 1936, la loi des 40 heures (payées 48) ; et dès juin 1937, la quasi- totalité des salariés bénéficieront de ce régime des 8 heures x 5 jours de travail.
Belle victoire quand même, même si, combattue becs et ongles par le patronat, elle fut éphémère ; c’est le gouvernement collabo de Vichy qui l’abolit en décrétant une durée légale du travail de 60 heures !
(4) COLIN et BONENFANT op cité pp 38-39 
(5) JOSEPH THONET  député permanent  "Une province rouge  - L'oeuvre de la députation permanente socialiste - communiste de Liège" Editions Germinal Bruxelles 

( 6)Bob Claessens - « Julien Lahaut, une vie au service du peuple »pp 28-30  SPE Bruxelles sd
en ligne sur 
(8) JULES PIRLOT "Avec l'Espagne quisouffre "http://www.generacionlorca.be/crbst_3.html

(9) RenéDelbrouck: Dirigeant des JGS, élu député de Liège, e,n 1936. Farouche opposant à la non intervention en Espagne et à la reconnaissance de Burgos.
Résistant, il fut l'initiateur de la sortie dans la clandestinité du Monde du Travail. Il fut arrêté le 22 juin 1941,avec les communistes et antifascistes,  transféré au Fort de Huy, puis à Neuengamme où il mourut le 20 juin 1942
Georges Tuffaut, miliant de la cause wallonne, échevin POB des Travaux Publics à la ville de de Liège, député de Liège en 1936. Farouche opposant à la reconnaissance de Burgos 
En 1940, il rejoint Londres, où il meurt accidentellement en avril 1942.
(10) En octobre 1939, après la signature du pacte germano - soviétique le 23 août, la fraction socialiste de la Députation Permanente, exigea le retrait des communistes pour "rupture morale"du pacte d'entente entre les deux partis. .Paul Renotte, conseiller provincial PCB, y prononça un discours; 
"Nous avons raison- discours à l'ouverture de la session du Conseil Provincial de Liège le 2 octobre 1939" Editeur Noël Liàge 1939

(11)https://www.facebook.com/maxime.tondeur.315