9 FÉVRIER : il y a 60 ans, les ouvrières de la FN changeaient l'histoire. Pendant 3 mois, longs et difficiles, elles ont fait grève contre les discriminations entre hommes et femmes, les salaires, mais pas que - dans le monde du travail. Et leur combat pour ce grand principe universel de l'Égalité est entré dans l'Histoire avec un grand H.
Le combat pour l'égalité des femmes et des hommes...
Pour les patrons, l'égalité, fût elle proclamée par la Révolution Française et par toutes les déclarations aussi universelles soient elles, était - et est toujours - un mot creux ;
ils ont au contraire besoin , pour accumuler les profits, de toujours plus de main d' oeuvre à bon marché et donc de multiplier les divisions et les inégalités , entre hommes et femmes bien sûr, entre belges et immigrés ou réfugiés, entre CDI et intérimaires, entre jeunes et vieux, entre temps plein et temps partiel, entre statutaires et contractuels, entre contrat ci ou contrat ça , entre commission paritaire XYZ ou ZYX, entre ouvrier(ère)s de Flandre et de Wallonie ou... de Roumanie, du Maroc et du Bengladesh etc. etc.
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| Mon affiche de la grève |
Pour eux le salaire sera toujours inégal, et ils manipuleront les dossiers pour tenter de rendre impossible d'établir ce qu'est vraiment un travail « égal ».
Ils aiment bien , les patrons , leur presse et leurs porte parole claironner le droit à l'égalité des hommes et des femmes dans le monde entier, mais leur vertueuse indignation s'arrête aux portes de nos blanchisseries , de nos grandes surfaces , des bureaux d' embauche, et des bureaux de chômage.
L'égalité , principe proclamé il y a plus de 200 ans , par la Révolution Française, mais toujours renié depuis par les institutions et les gouvernements de la bourgeoisie, ce sont donc ces femmes ouvrières, en février 1966, à Herstal, qui en ont relevé le drapeau, abandonné dans les fonds de tiroirs poussiéreux de multiples commissions d'étude.
Leur mot d'ordre « A travail égal, salaire égal » est universel, du moins tant qu' existera le salariat. Il concerne les femmes par rapport aux hommes, mais aussi toutes les victimes des discriminations salariales au travail.
C'est d'abord pour cette raison, parce qu'elles se sont battues pour un principe universel, ce grand principe de l'égalité de la femme et de l'homme , valeur portée par la gauche , que je pense que nous devons, aujourd'hui comme demain, rendre hommage aux femmes en colère de 1966.
Le 9 février 1966 est la date du premier débrayage : "C'est une ouvrière du Grand Hall, la vieille Germaine qui donne le ton. Elle fait un drapeau d'un balai et d'un chiffon rouge et entraîne ses compagnes derrière elle. Tap dju, tap dju on z'a assez rigolé d'nos autes, criait elle en wallon". écrit Marie Thérèse Coenen dans l'ouvrage de référence "La grève des femmes de la FN en 1966"
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| 17 février : aux portes de la FN , départ vers la salle de la Ruche ; Germaine Martens est devant |
La petite Germaine sera aussi en tête des premières manifestations de février, de l'usine à la salle de La Ruche et à l'origine d'un Comité d'Action des ouvrières de la FN. C'est elle, fille de comédienne et épouse d'un compositeur, qui composera la chanson de la grève ; c'est elle aussi qui fera, avec ses camarades du Comité d'action le voyage de Charleroi, pour tenter d'étendre leur mouvement.
J'avais 22 ans, et nous étions quelques uns, étudiants bruxellois, à avoir fait, en avril, le voyage de Herstal pour manifester notre soutien.
Je l'avais aperçue dans une manifestation , et le 13 mars, elle était à la tribune d'un rassemblement pour la Journée Internationale des Femmes à Bruxelles.
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| 7 avril 1966 manifestation de Herstal. L'auteur de ce blog est le porteur de droite du calicot |
Impressionné par sa personnalité de "meneuse ", conscient qu'avec le temps, son souvenir s'effacerait , j'avais voulu, en 2016, à l'occasion du 50e anniversaire de la grève, mieux la connaître et surtout la faire connaître.
J'avais, dès lors, consacré 6 articles de mon blog "ROUGEs - FLAMMEs" à cet évènement hors du commun, et à cette grande "petite" dame, personnalité elle aussi hors du commun. Il m'avait d'abord fallu retrouver la trace de Germaine Martens, dont
plus grand monde ne parlait.
Armand BORSU, petit- fils de Germaine, et son épouse, Yvette MERVEILLE, Cécile DRAPS , militante liégeoise active lors de la grève de 1966, hélas aujourd'hui disparue, mon épouse Annie WILDEMEERSCH, , qui avait travaillé à la Cartoucherie et qui avait rencontré et interviewé Germaine en janvier 1975, mon ami et camarade blogueur Hubert HEDEBOUW, malheureusement parti bien trop tôt, qui m'avait accompagné et conseillé dans cette démarche et Marie Thérèse COENEN, historienne de la grève, qui m' avait apporté son précieux soutien, ont toutes et tous, d'une manière ou l'autre , apporté leur pierre à ce nécessaire et précieux travail de mémoire.
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en haut, Armand BORSU et Yvette MERVEILLE, Cécile DRAPS, le livre de Marie Thérèse COENEN en bas, Hubert HEDEBOUW et Annie WILDEMEERSCH (assise, 2e à partir de la droite) |
Et pour clôturer 2016, cette année de jubilé, la revue DYNAMIQUES m' avait ouvert les colonnes de son numéro 0 de décembre tout entier consacré aux ouvrières de la FN, et au colloque de mars 2016 à Liège "Les ouvrières de la FN changent l'histoire"
Pour entretenir la (rouge) flamme, j'ai voulu en ce mois de février 2026, partager dans mon blog l'article du n°0 ( décembre 2016) de DYNAMIQUES. Avec l'espoir que cela inspirera de nombreux historiens de demain dans leurs nécessaires recherches sur les luttes et les personnalités trop souvent occultées du combat ouvrier
Cliquer sur le lien ci-dessous.
https://dynamiques.carhop.be/articles/qui-est-la-petite-germaine-portrait-dune-femme-de-tete-a-la-tete-des-femmes-en-greve/
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