jeudi 9 juillet 2026

WALLONIE BRUXELLES : VILLES ET COMMUNES DISENT NON AUX VISITES DOMICILIAIRES.


TEXTE INTÉGRAL en pdf

 Ce lundi 22 juin, une soixantaine de personnes se sont rassemblées Grand Place à HUY pour soutenir au conseil communal une intervention citoyenne sur le vote d'une motion condamnant les visites domiciliaires chez des citoyens pour y arrêter des migrants.  
Son intervention, qui, a été couronnée de succès, puisque le Conseil a voté la motion condamnant les visites domiciliaires ( PS, Écolo et PTB : POUR; Engagés et MR : Abstentions ou CONTRE)
    Cela fait plusieurs mois que la question des visites domiciliaires pour débusquer les migrants jugés indésirables, sans papiers clandestins ou réfugiés déboutés, s’est invitée dans des dizaines de rassemblements citoyens devant les Hôtels de Ville et maisons communales, à l’occasion de débats dans les conseils communaux.
Ils prenaient d’ailleurs le relais des protestations citoyennes de 2017- 2018 contre un projet de loi similaire déposé par le gouvernement Michel et porté principalement par le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration de l'époque, Theo Francken ; projet abandonné face aux multiples protestations des associations démocratiques, de l’opposition politique   et du monde judiciaire.
« Rue, conseil, rue »

On ne peut qu’être impressionné par l’imposant mouvement de protestation qui accompagne les débats à la Chambre sur les projets de visite domiciliaire.

 Ce mouvement est fait de centaines d’associations, de milliers de signatures, de dizaines de rassemblements sur les places communales, transformées de fait en "agora" de la démocratie directe, et d’autant de votes dans les conseils communaux, bousculant souvent les majorités en place pour y substituer une majorité de progrès. 

La formule « Rue, conseil, rue », qui lie l' action des élus dans les collèges ou conseils à la mobilisation citoyenne, a retrouvé ici tout son sens. Les partis de la majorité Arizona sont eux-mêmes écartelés, forcés par la pression de la rue à déclarer recevable le débat sur la question. 

Comme si des arrestations arbitraires chez nos voisins, qui souvent prennent tôt matin le même train que nous pour le travail, et dont les enfants vont à l’école avec nos enfants, ne concernaient pas la vie communale ! 

 Comme si les migrants sans papiers ou les demandeurs d’asile déboutés étaient des              « illégaux », alors qu’ils ne veulent, pour eux et leur famille, qu’échapper à la misère ou aux persécutions politiques. 

 Et ce que nous apprend aussi ce large mouvement démocratique, ce que nous avait déjà montré, il y a un an, le mouvement de solidarité avec la Palestine, c’est que, à part une petite minorité, notre peuple n’est pas raciste, qu’il reste profondément attaché aux valeurs humanistes de fraternité, de respect de la dignité humaine, et particulièrement à la protection des enfants. 

 Cela  nous montre aussi qu’il y a une soif d’expression démocratique directe, qui dépasse le bulletin dans l’urne tous les 5 ou 6 ans et la « démocratie » de promesses non tenues, ou de mesures d’austérité non promises.

C’est au niveau communal qu’elle peut le mieux aujourd’hui s’exprimer. 

Le but de cette petite revue de presse électronique est de rassembler en un document le maximum de, motions, résolutions, lettre ouverte etc. de manière à refléter  combien la pression citoyenne de la rue est importante dans notre pays.

 « Les migrants hors d’Europe » : un projet raciste de déportation forcée. 

Aujourd’hui, Bart De Wever, veut repasser la sauce du projet Franken de 2018. 

 Parce qu’il ne suffit pas d’arrêter les migrants, encore faut -il s’en débarrasser. 
Une vraie perspective est cette fois donnée, aux victimes des rafles domiciliaires : la pure et simple déportation forcée, gérée par l’Union Européenne ! 
Des négociations seront menées avec des pays hors Union Européenne, pour créer aux quatre coins du monde, des camps de rétention, appelés « hubs », financés intégralement  par l’UE (on cite le Rwanda, l’Uganda, l’Ouzbékistan, l’Afghanistan ou, pour les migrants interceptés en Italie, l’Albanie, qui renoue ainsi avec son un passé de colonie italienne) 
La déportation forcée de populations, cibles des persécutions et du  racisme d’État,  a souvent été à l’agenda des droites et extrêmes droites suprémacistes ; citons  les déportations massives des « Native Americans » au XIX e siècle aux États Unis,  le projet « Madagascar » des nazis en 1940, qui avant « la solution finale », prévoyait la transformation de l’île, colonie française en un gigantesque camp de concentration pour tous  les Juifs d’Europe, la  déportation forcée de 800 000 Palestiniens ( la Nakba de 1948) chassés manu militari de leurs terres vers la Syrie, la Jordanie, le Liban et  Gaza par les bandes armées sionistes.
 Aujourd’hui, Israël et l’administration Trump ont le projet d’une nouvelle Nakba : déporter les Palestiniens hors de Gaza et de Cisjordanie, vers des destinations africaines ou autres. 
Quant à l’Union Européenne, toujours prête à donner des leçons de morale et de droits de l’homme au monde entier, la voilà alignée sur l’extrême droite et la droite extrême dans un projet raciste de déportation forcée de migrants, femmes et enfants compris. 
 Ses partisans ont bruyamment et scandaleusement manifesté leur enthousiasme dans l’enceinte même du Parlement Européen au cri de « Send them Back » « Renvoyez les ! » 
Mais, en fait,  ce sont 19 chefs de gouvernement de l’Union Européenne qui sont à la manœuvre, et qui font pression sur la Commission pour  le financement et une rapide mise en œuvre  de ce   projet.
Parmi eux Bart de Wever. La boucle est bouclée : la droite ne fait qu’un avec l’extrême droite pour expulser les migrants hors d’Europe, et c’est l’UE qui paie, donc nous, citoyens européens.  


 « Y a-t-il un lien entre le projet « visites domiciliaires » en Belgique et le projet européen "retour des migrants? » 

A cette question,   l’IA me répond sans détour : 

« Oui, il existe un lien direct entre le projet national belge de visites domiciliaires et la politique européenne de retour des migrants.

 Les visites domiciliaires sont considérées comme un outil interne destiné à rendre les expulsions effectives, ce qui s'inscrit en 5  parallèle de la validation du nouveau règlement européen sur le retour et de ses projets de "hubs" dans des pays tiers. [1, 2, 3, 4, 5, 6] Les mesures belges de visites domiciliaires (qui visent à interpeller les personnes sans titre de séjour chez elles ou chez des tiers) servent à identifier et arrêter les individus sous le coup d'un ordre de quitter le territoire. Elles préparent concrètement le terrain pour les expulsions, qu'elles soient gérées au niveau national ou via les futurs centres d'extradition de l'Union européenne. [1, 2, 3, 4]

NI VISITE DOMICILIAIRE (made in Arizona), NI HUB DE DÉPORTATION (made in EU), 

DES PAYS, COMME L’ESPAGNE, MONTRENT QUE L’INCLUSION ET LA REGULARISATION FONCTIONNENT. 

NO PASARAN !

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mercredi 17 juin 2026

SOY CUBA ; JE SUIS CUBA

 


"SOY CUBA " ; "JE SUIS CUBA !”

https://acrobat.adobe.com/id/urn:aaid:sc:EU:bfa9ecfa-ae75-43bf-863c-a64b5c44a3b5

  Voilà un petit pays, peuplé comme la Belgique, soumis depuis plus de 60 ans, en dehors de toute légalité internationale, au blocus intégral par son puissant voisin, et ce quel que soit le président, « faucon » ou « colombe », républicain ou démocrate....

C’est le président Kennedy qui l’a instauré.

Blocus intégral : aucune entreprise américaine ne peut commercer avec Cuba et toute entreprise étrangère faisant affaire avec Cuba peut être sanctionnée et soumise à l’amende par les États-Unis.

A 33 reprises, l’Assemblée générale des Nations - Unies a exigé, à une écrasante majorité, la levée du blocus. En vain !  

Les grands défenseurs de la « démocratie » et de « la liberté » n’en ont cure. C’est la loi de la jungle, la loi du plus fort !

Et pourtant, malgré l’embargo, à travers toutes les difficultés, Cuba a su développer un modèle socialiste unique en Amérique Latine (et pas que), au service du peuple, au niveau de l'éducation, des soins de santé, de la prévention des ouragans, du code de la famille, de l’agriculture urbaine etc.


Alors que, chez nous, le gouvernement préfère acheter des avions et licencier des enseignants, Cuba a pris une tout autre option.

Il s'est même propulsé aux premiers rangs de la recherche médicale mondiale.

Alors que son puissant voisin a installé aux quatre coins du monde ses bases militaires, et y masse porte – avions, bombardiers et soldats pour y faire la guerre et y répandre la misère, les ruines et la mort, ils envoient, eux, des médecins et des enseignants pour soigner et éduquer.

Deux visions de la société, deux systèmes de valeur, deux mondes qui s’affrontent...

 Aujourd’hui, l’administration des suprémacistes, Trump et Rubio, entre des frappes au Yemen, une attaque du Venezuela et la guerre en Iran, tente d’asphyxier Cuba en décrétant cette fois le blocus total – tout à fait illégal - du pétrole.

Plus de pétrole égale pannes d’électricité dans les hôpitaux, les usines et chez les citoyens !

Plus de pétrole égale plus de transports pour l’économie, plus d’avions pour les touristes !

Leur but clairement affirmé : le changement de régime !

 Comment ne pas être en colère ?

« Nous sommes Cuba » ! Nous étions déjà Cuba, il y a 65 ans, en avril 1961, quand nous descendions dans les rues de Bruxelles après la tentative avortée d’invasion de Cuba à Playa Gijon, aussi appelée la baie des Cochons, par une bande armée de la CIA, sous l’autorité du même président Kennedy.

Quoi qu’il arrive demain à Cuba, les pages de pouvoir populaire qu’ils ont écrites sont ineffaçables.

C’est pour les illustrer que je vous propose cette sélection d’articles glanés sur le Web.

Qui n’ont pour but que d’informer et de susciter la réflexion et la solidarité.





Table des matières

 

ÉDUCATION.................................................................   2

SANTÉ   PUBLIQUE...................................................... 14

DROITS DE LA FEMME ...............................................  52

CODE DE LA FAMILLE ................................................  61

DÉMOCRATIE..............................................................  75

MÉMOIRE DE L’ESCLAVAGE & LUTTE CONTRE LE RACISME ..................................................................... 89

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ..............................   97

LUTTE CONTRE LES OURAGANS ............................  109

AGRICULTURE   URBAINE ........................................  127

CUBA ET LA RELIGION .............................................  137

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lundi 9 février 2026

FN HERSTAL 1966 : QUI EST LA PETITE GERMAINE ? PORTRAIT D'UNE FEMME DE TÊTE A LA TÊTE DES FEMMES EN GREVE.


9 FÉVRIER : il y a 60 ans, les ouvrières de la FN changeaient l'histoire. Pendant 3 mois, longs et difficiles,  elles ont fait grève  contre les discriminations entre hommes et femmes,  les salaires, mais pas que - dans le monde du travail. Et leur combat pour ce grand principe universel de l'Égalité est entré dans l'Histoire avec un grand H.

Le combat pour l'égalité des femmes et des hommes...
Pour les patrons, l'égalité, fût elle proclamée par la Révolution Française et par toutes les déclarations aussi universelles soient elles, était - et est toujours - un mot creux ;
ils ont au contraire besoin , pour accumuler les profits, de toujours plus de main d' oeuvre à bon marché et donc de multiplier les divisions et les inégalités , entre hommes et femmes bien sûr, entre belges et immigrés ou réfugiés, entre CDI et intérimaires, entre jeunes et vieux, entre temps plein et temps partiel, entre statutaires et contractuels, entre contrat ci ou contrat ça , entre commission paritaire XYZ ou ZYX, entre ouvrier(ère)s de Flandre et de Wallonie ou... de Roumanie, du Maroc et du Bengladesh etc. etc.

Mon affiche de la grève  

Pour eux le salaire sera toujours inégal, et ils manipuleront les dossiers pour tenter de rendre impossible d'établir ce qu'est vraiment un  travail « égal ».
Ils aiment bien , les patrons , leur presse et leurs porte parole claironner le droit à l'égalité des hommes et des femmes dans le monde entier, mais leur vertueuse indignation s'arrête aux portes de nos blanchisseries , de nos grandes surfaces , des bureaux d' embauche, et des bureaux de chômage.
L'égalité , principe proclamé il y a plus de 200 ans , par la Révolution Française, mais toujours renié depuis par les institutions et les gouvernements de la bourgeoisie, ce sont donc ces femmes ouvrières, en février 1966, à Herstal, qui en ont relevé le drapeau, abandonné dans les fonds de tiroirs poussiéreux de multiples commissions d'étude.
Leur mot d'ordre « A travail égal, salaire égal » est universel, du moins tant qu' existera le salariat. Il concerne les femmes par rapport aux hommes, mais aussi toutes les victimes des discriminations salariales au travail.
C'est d'abord pour cette raison, parce qu'elles se sont battues pour un principe universel, ce grand principe de l'égalité de la femme et de l'homme , valeur portée par la gauche , que je pense que nous devons, aujourd'hui comme demain, rendre hommage aux femmes en colère de 1966.


Le 9 février 1966 est la date du premier débrayage : "C'est une ouvrière du Grand Hall, la vieille Germaine qui donne le ton. Elle fait un drapeau d'un balai et d'un chiffon rouge et entraîne ses compagnes derrière elle. Tap dju, tap dju on z'a assez rigolé d'nos autes, criait elle en wallon". écrit Marie Thérèse Coenen dans l'ouvrage de référence "La grève des femmes de la FN en 1966"   

17 février : aux portes de la FN , départ vers la salle de la Ruche ; Germaine Martens est devant

La petite Germaine  sera aussi en tête des premières manifestations de février, de l'usine à la salle de La Ruche et à l'origine d'un Comité d'Action des ouvrières de la FN. C'est elle, fille de comédienne et épouse d'un compositeur, qui composera la chanson de la grève ; c'est elle aussi qui fera, avec ses camarades du Comité d'action le voyage de Charleroi, pour tenter d'étendre leur mouvement.
J'avais 22 ans, et nous étions quelques uns, étudiants bruxellois, à avoir fait, en avril,  le voyage de Herstal pour manifester notre soutien. 
Je l'avais aperçue  dans une manifestation , et le 13  mars, elle était à la tribune d'un rassemblement pour la Journée Internationale des Femmes à Bruxelles. 

7 avril 1966 manifestation de Herstal. L'auteur de ce blog est le porteur de droite du calicot 

Impressionné par sa personnalité de  "meneuse ",  conscient qu'avec le temps, son souvenir s'effacerait , j'avais voulu, en 2016, à l'occasion du 50e anniversaire de la grève, mieux la connaître et surtout la faire connaître.
J'avais, dès  lors, consacré 6 articles de mon blog  "ROUGEs - FLAMMEs"  à cet évènement hors du commun, et à cette grande "petite" dame, personnalité elle aussi  hors du commun. Il m'avait d'abord fallu retrouver la trace de Germaine Martens, dont
plus grand monde ne   parlait.
 Armand BORSU, petit- fils de Germaine, et son épouse, Yvette MERVEILLE, Cécile DRAPS , militante liégeoise active lors de la grève de 1966, hélas aujourd'hui disparue, mon épouse Annie WILDEMEERSCH, , qui avait travaillé à la Cartoucherie et qui avait rencontré et interviewé Germaine en janvier 1975, mon ami et camarade  blogueur Hubert HEDEBOUW, malheureusement parti bien trop tôt, qui m'avait accompagné et conseillé dans cette démarche et Marie Thérèse COENEN, historienne  de  la grève, qui m' avait apporté son précieux soutien, ont toutes et tous, d'une manière ou l'autre , apporté leur pierre à ce nécessaire et précieux travail de mémoire.
 

en haut, Armand BORSU et Yvette MERVEILLE, Cécile DRAPS, le livre de Marie Thérèse COENEN
en bas, Hubert HEDEBOUW et Annie WILDEMEERSCH (assise, 2e à partir de la droite)

Et pour clôturer 2016, cette année de jubilé, la revue DYNAMIQUES m' avait ouvert les colonnes de son numéro 0 de décembre tout entier consacré aux ouvrières de la FN, et au colloque de mars 2016 à Liège "Les ouvrières de la FN changent l'histoire"
 Pour entretenir la (rouge) flamme, j'ai voulu en ce mois de février 2026, partager dans mon blog  l'article du n°0  ( décembre 2016) de  DYNAMIQUES. Avec l'espoir que cela inspirera de nombreux historiens de demain dans leurs nécessaires recherches sur les  luttes et les personnalités trop souvent occultées du combat ouvrier

Cliquer sur le lien ci-dessous.

https://dynamiques.carhop.be/articles/qui-est-la-petite-germaine-portrait-dune-femme-de-tete-a-la-tete-des-femmes-en-greve/