lundi 9 octobre 2017

« UOMINI CONTRO » - A LA RENCONTRE D' ANTONIO GRAMSCI, FILS DU PEUPLE DE SARDAIGNE , MORT EN 1937 - IL Y A 80 ANS -VICTIME DU FASCISME .

MURALE ORGOSOLO :GRAMSCI "Au contact de la classe ouvrière de TURIN,
son adhésion à l'idéal socialiste a mûri..."

Ce mois de septembre 2017 , notre mini camping - car nous a mené, Annie et moi,à la découverte d'une île italienne dont on parle peu , la SARDAIGNE.
Découverte inattendue ; outre la nature sauvage et diverse, une multiplicité de sites , villages et tombeaux préhistoriques ( les nuraghe), un littoral qui, par delà les concentrations de touristes marchandisés, regorge de plages , de criques , de falaises venteuses, et où se nichent aussi quelques vielles cités médiévales.
ORGOSOLO  MURALE
Nous avons ,hélas, de par les contraintes de calendrier, manqué Manifiesta cette année ; mais nous avons rencontré , très présente dans l'île la mémoire d'un fils du pays , ANTONIO GRAMSCI, le dirigeant et théoricien révolutionnaire, fondateur à Livourne en 1921 du parti communiste d'Italie, dont il deviendra le secrétaire général dés août 1924.
Connu pour son rôle d'avant garde dans les 2 années rouges de 1919-1920 et le soutien aux conseils ouvriers de Turin, il sera élu député en 1924. Il est arrêté par les fascistes en 1926 et condamné en juin 1928 par le Tribunal spécial fasciste à 20 ans de prison.
« Pour vingt ans nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner » dira le représentant du ministère public.
Il y a 80 ans , en avril 1937, il s'éteignait , gravement malade après 8 années d' incarcération - de 1926 à 1934 - dans les geôles fascistes de Mussolini suivies d'hospitalisations en libération conditionnelle.
Il aura cependant dans sa prison rempli des feuillets et des feuillets d' une oeuvre politique et philosophique considérable : les « Carnets de prison » et les « Lettres de prison ».


LA « CASA GRAMSCI »
GHILARZA : CASA GRAMSCI 2017
CASA GRAMSCI  Années 1900

C'est à GHILARZA , dans la maison de son enfance qu' a été créée la « CASA GRAMSCI », musée qui retrace sa trop courte vie et évoque son oeuvre .
Antonio GRAMSCI est né en Sardaigne , à Ales (province d'Oristano) le 22 janvier 1891 , 4ème garçon d'une famille de 7 enfants et il y a grandi, étudié , travaillé  et...connu la misère.
L'origine de la famille serait l' Albanie , le village de Gramsh , dans la région d'Elbasan, d'où ses ancêtres auraient émigré dans le Sud de l'Italie, en Calabre , avant de se fixer à Gaète dans la région de Naples.
« Moi même écrit il , je ne suis d'aucune race, mon père est d'origine albanaise récente (de par son père ndlr) et ma grand mère ( paternelle ndlr ) était une Gonzales descendant d'une famille italo- espagnole de l'Italie méridionale . Ma mère est sarde de par son père et sa mère »

ORGOSOLO      MURALE
Famille de la petite bourgeoisie de l'Italie méridionale, (fonctionnaires ou militaires) , son père passe un concours à l’issue duquel il est nommé contrôleur du bureau de l’état-civil de Ghilarza en Sardaigne.
C'est une famille de petits notables , instruits et cultivés , le père et la mère de Antonio sachant lire et écrire l'italien, ce qui dans la Ghilarza de la fin du XIXème siècle est le fait de moins de 10% de la population, ( et de 3% des femmes!!)
Mais la famille Gramsci subira le sort lié aux pratiques politiques du Sud italien et en particulier de la Sardaigne : le père Gramsci , notable du bourg rural de Ghilarza et qui a le privilège, réservé à une toute petite minorité , de pouvoir voter - le suffrage universel n'existe pas - fait le « mauvais » choix de soutenir , aux élections de 1897 un candidat ,professeur de droit, qui n'a aucune chance contre Francesco Cocco Ortu l’homme politique le plus important de la Sardaigne entre la fin du XIXe siècle et la Grande Guerre.
« Sans surprise, ce dernier gagne les élections. Après avoir été élu, il n’hésite pas à faire jouer son vaste réseau de relations pour multiplier les vexations contre les partisans de son adversaire. »
Accusé d'irrégularités dans son travail, Francesco Gramsci est suspendu de sa fonction, arrêté en août 1898 par les carabinieri, enfermé et condamné à cinq années, huit mois et vingt-deux jours de prison !
Le jeune Antonio Gramsci a alors 7 ans.
Commence alors pour la mère et sa famille de 7 enfants une vie de galère et de misère.
Antonio connaît aussi son lot de sacrifices puisqu'il doit interrompre ses études entre l’âge de onze et treize ans pour travailler aux côtés de son frère aîné, Gennaro, au service du cadastre de Ghilarza, soulevant d’énormes volumes pendant dix heures d’affilée, six jours sur sept, ainsi que le dimanche matin, pour un salaire de neuf lires équivalent à un kilo de pain par jour.
Mais ô combien ce kilo de pain est précieux pour la survie de la famille ! »
« J'ai commencé à travailler à 11 ans , écrit-il ... J'ai connu quasi tout le temps les aspects les plus brutaux de la vie »
Et c'est là aussi la source de sa révolte contre les riches, «  moi qui ne pouvais plus continuer à étudier alors que je faisais 10 sur 10 dans toutes les matières de l'école élémentaire – il est toujours premier de sa classe- pendant que les fils du boucher, du pharmacien et du négociant de tissus de Ghilarza , eux pouvaient aller à l'école »
« Très jeune, il prend conscience que son île mystérieuse est aussi une terre où règne en maîtresse la pauvreté, tandis qu’une mince élite concentre la richesse... »

Malade dès le plus jeune âge – il souffre d'une forme de tuberculose osseuse qui s'attaque à la colonne vertébrale- le jeune Antonio Gramsci devra porter ce fardeau là en plus , toute sa jeunesse et toute sa vie, y compris dans les geôles de Mussolini. Mais la solidarité de sa famille , la sollicitude de sa mère , « mia carrissima mamma » surtout , leur volonté commune de résister à tout prix à ce handicap physique par une volonté d'apprendre et de se dépasser dans le travail intellectuel , l'aideront à surmonter la maladie.
CASA GRAMSCI :1928 LETTRE DE PRISON "Carissima mamma"
« Comme tu le sais, cher ami , je ne pourrai jamais abandonner les études qui sont mon unique espérance de vivre honorablement quand je serai adulte, car , comme tu le sais, ma famille n'est pas riche... »
C'est ainsi qu'il poursuivra ses études secondaires , notamment à Cagliari où travaille son frère aîné
Toujours dans la précarité – pas d'argent pour payer le lycée et les livres , les vêtements ,malgré la remarquable solidarité familiale - mais avec une curiosité inépuisable qui s'oriente de plus en plus vers la philosophie et les lettres.
Il devient un lycéen brillant dont les rédactions sont lues en exemple devant la classe.
Et une de ces dissertations se termine par les phrases suivantes
«  La Révolution française a mis à bas beaucoup de privilèges, elle a fait se soulever de nombreux
MURALE GRAMSCI :"Quand il est arrivé en ville, il avait déjà
la tête de celui qui enseigne,il avait déjà  sa grosse
tête bizarre.Il avait  l'air d'être gelé jusqu'au fond des  os"
peuples opprimés, mais elle n’a pas fait que substituer la domination d’une classe à celle d’une autre. En effet, elle nous a légué ce grand enseignement : les privilèges et les différences sociales, parce qu’elles sont produites par la société et non par la nature, peuvent être dépassées… ».

Un professeur lui ouvre les colonnes du journal sarde « L'Unione sarda»  où il écrit son premier article  sur les ...élections à Ghilarza.:  »  dans ce billet plein d’ironie, qui deviendra une des caractéristiques de son style journalistique, il apprend à ses lecteurs que l’arrivée massive des carabiniers pour éviter tout débordement a eu pour effet que les habitants de la petite ville se sont barricadés chez eux, obligeant les autorités municipales à se rendre dans chaque foyer pour y convaincre les électeurs de faire leur devoir civique. »
En 1911- il a 20 ans – il réussit l'examen pour obtenir une bourse prévue pour les lycéens méritants de Sardaigne afin de leur permettre d’étudier à l’université de Turin. Une autre étape de sa vie commence.

LA SARDAIGNE DE GRAMSCI : LES BANDITS ET LES MINEURS

MURALE  ; GROSSE CHASSE A ORGOSOLO
La Sardaigne de Gramsci – au tournant du XXème siècle - c'est un pays que l'unité italienne a laissé sur le côté de la route , abandonné, bloquant même la traditionnelle exportation agricole vers la France, condamnant ainsi de plus en plus les petits paysans, éleveurs et ouvriers agricoles à la misère.
MURALE ORGOSOLO SARDAIGNE
C'est ainsi que se développe l'esprit de rébellion sarde, qui se confond d'abord avec le brigandage .
Le « brigandage » se présente comme une réponse populaire - d'une société essentiellement rurale et pré-capitaliste - à une unification menée par en haut et confiée à l'administration militaire.
Réponse au pillage et aux exactions et réaction au processus brutal du nouveau système fiscal, du service militaire obligatoire, de l'augmentation d'autorité du prix de denrées essentielles comme le pain et le sel.

Les bandes de bandits sont pourchassées dans les montagnes de Barbagie (partie centrale de l'île) par les carabinieri venus du continent , comme dans une chasse au sanglier.
Dans la nuit du 14 au 15 mai 1899 qualifiée de « Saint-Barthélémy sarde », seront arrêtés de manière arbitraire non seulement des hommes mais encore des familles entières : vieillards, femmes et enfants, comme en pays occupé.
Et pour le peuple sarde, les bandits, deviennent presque des héros.
Dans les années 1900, c'est la révolte des mineurs des mines de plomb et de zinc de Buggerru au Sud de l'ile .
Cette mine de calamine était propriété de notre bien connue société belge « Vieille Montagne ».

Partis en grève en septembre 1904 contre une réduction de leur temps de pose , la direction leur envoya les carabiniers. 4 mineurs restèrent sur le pavé, assassinés par la troupe.
Une grève générale de solidarité à l'appel de la centrale syndicale mobilisa toute l'Italie !

MURALE : si j'avais su  ce qu'était la vie à la mine,j'aurais
disparu pendant 100 ans plutôt que de me rendre à ce travail.
Deux ans plus tard, en mai 1906, la question des bas salaires et de la vie chère  provoque des manifestations de masse ,les plus importantes qu'ait connu la Sardaigne , qui démarrent par une manifestation à Cagliari et s'étendent à toute la Sardaigne.
« La cure de plomb », telle a été la réponse des autorités ; la troupe tire sur le peuple : 14 morts et des centaines de blessés.
C'est dans ce contexte économique et social que le jeune Gramsci s'ouvre, avec son frère aîné aux idées socialistes : ils lisent « Avanti » le journal du Parti Socialiste.
Mais , dans un premier temps, ils seront plutôt « sardo - socialistes » s’identifiant plutôt à ce climat de rébellion s’opposant à l’action centralisatrice de l’Etat, mais sans idée directrice , ni programme ,ni organisation politique capable de donner des objectifs à cette rébellion toujours recommencée – les socialistes ne sont qu'une poignée.

« Qu’est-ce qui m’a empêché de devenir une véritable loque empesée ? L’instinct de la rébellion . Déjà, enfant, j’étais contre les riches, parce que je ne pouvais pas continuer mes études....
Puis je me révoltais contre tous les riches qui opprimaient les paysans sardes et je pensais alors qu’il fallait lutter pour l’indépendance nationale de la région : ‘A la mer, les continentaux !’ . Puis j’ai connu la classe ouvrière d’une ville industrielle et j’ai compris ce que signifiait réellement ce que j’avais lu de Marx, tout d’abord par simple curiosité intellectuelle ».

LA QUESTION MERIDIONALE (le MEZZOGIORNO)

Cette connaissance de la réalité sarde ,dans ses tripes et dans son intelligence, sa souffrance et sa révolte, ses racines familiales d' »intellectuel » du Sud, sont, on peut le supposer à l'origine de l'analyse des classes du Midi italien , le Mezzogiorno , écrite en 1926, mais laissée inachevée suite à son arrestation. : «Quelques thèmes de la question méridionale »
Il y élabore la ligne fondamentale des communistes italiens sur les nécessaires alliances de classes du prolétariat du Nord industriellement développé  avec les paysans ( éleveurs et cultivateurs ) – et les intellectuels – du Sud ( le Sud continental, la Sicile et la Sardaigne, « ravalés au rang de colonies d'exploitation ».)
MURALE  :GRAMSCI et LUSSU
"Instruisez vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence"
Message toujours actuel, d'autant plus que, si la Sardaigne des années 2000 n'est certes plus celle de GRAMSCI, c'est encore et toujours une région pauvre, avec 17% de chômeurs, 56% de jeunes sans emploi, frappée d'ores et déjà par la sécheresse et le changement climatique.
Gramsci combat dans ce texte l'idéologie dominante générale répandue par la presse, l'école, voyant le Sud comme un « boulet de plomb » ; « les méridionaux sont des êtres inférieurs, des semi barbares, voire des barbares complets »
« si le Midi est arriéré, la faute n'en incombe ni au système capitaliste, ni à n'importe quelle autre cause historique, mais à la Nature qui a créé les méridionaux paresseux, incapables, criminels, barbares [....] Le Parti socialiste a servi pour une grande part d'agent de transmission de cette idéologie bourgeoise dans le prolétariat septentrional .
Il fait une analyse approfondie de la société du Sud et du « monstrueux bloc agraire » qui « lie la paysannerie méridionale amorphe et inorganisée au grand propriétaire terrien par l'intermédiaire de l'intellectuel  » et qui «  fait fonction d'intermédiaire et de contrôleur au service du capitalisme septentrional et des grandes banques » .
Il marque les particularités de la Sicile et de la Sardaigne.
Il décrit la couche des « intellectuels méridionaux, de la petite et moyenne bourgeoisie » ( y compris le clergé du Sud italien ) comme une des couches les plus intéressantes de la société italienne .
MURALE ORGOSOLO : tracts des conseils ouvriers
de TURIN pendant les occupations d'usine  1920
Pour conclure : « Il est important que dans la masse des intellectuels se crée une tendance de gauche , tournée vers le prolétariat révolutionnaire. L'alliance entre le prolétariat et les masses paysannes du Midi exige cette formation . Le prolétariat détruira le bloc agraire méridional dans la mesure où il réussira à organiser , à travers son Parti, des formations autonomes et indépendantes de paysans pauvres , mais il ne réussira ...que s'il est capable de désagréger le bloc intellectuel qui est l'armature , souple , mais très résistante du bloc agraire.

  • A noter que la notion d' »intellectuel chez Gramsci, «  inclut toutes les couches sociales ayant une fonction d'encadrement idéologique et administratif ( outre les enseignants et les journalistes , les fonctionnaires, les employés le clergé)
« Antonio Gramsci fut un sarde, sarde de naissance, sarde parce qu’il aima sa terre d’un immense amour ; il l’aima pour elle-même, avec sa beauté simple, avec ses aspérités, avec ses souffrances, celles du peuple sarde qu’il a connues, comprises et partagées. « ( Palmiro TOGLIATTI)

LES MURALES DE ORGOSOLO


C'est à ORGOSOLO , que le sarde ANTONIO GRAMSCI est le plus présent. Présent sur les murs...
MURALE 2016 : Aux migrants
ORGOSOLO est un grand lieu de la Barbagie, la Sardaigne centrale et montagneuse avec ses raids des bandits du XIXème siècle, les révoltes de paysans, puis bien plus tard ,en juin 1969, le combat - victorieux - contre la réquisition par l'armée de terres d'élevage, destinées par le gouvernement
à devenir un polygone de tir, un « Larzac sarde » en quelque sorte.
Les rues de cette petite commune comptent des centaines de peintures murales pour l'essentiel progressistes et révolutionnaires.
La première peinture murale à Orgosolo fut réalisée en 1969 par le collectif anarchiste nommé Dioniso. Quelques années plus tard, pour honorer la Résistance et la Libération d’Italie du nazi-fascisme, un enseignant d'origine siennoise et les élèves du collège ont réalisée d’autres peintures enrichies successivement par la contribution d’artistes et groupes locaux.
Aujourd'hui, c'est toute l'histoire contemporaine de la Sardaigne, de l'Italie et du monde qui est évoquées sur les murs .
Quel ne fut pas notre étonnement , en prenant un  expresso à une terrasse de découvrir notre première « murale » sur le mur d'en face une évocation de la Rote Armee Fraktion et d'Helmut Schmidt « expert en suicide d'état »
Des bandits d'Orgosolo au travail des mineurs et à la lutte – victorieuse- contre les bases militaires US de l'OTAN sur les îles de la Maddalena.
De la lutte contre la guerre – massacre de 14-18, à l'Espagne républicaine, à la Résistance anti fasciste , des guerres du Vietnam et d' Irak , à la solidarité avec les migrants.
De Garibaldi à Che Guevara , Salvador Allende et ... à ANTONIO GRAMCI .



UOMINI CONTRO : EMILIO LUSSU
Un autre « HOMME CONTRE »  d'origine sarde, contemporain de GRAMSCI est aussi très présent  sur les murs d'ORGOSOLO : EMILIO LUSSU né en 1890 dans un petit village de la Barbagie (Sardaigne centrale)
MURALE ORGOSOLO
" Ce qui se passe   à PRATOBELLO contre les bergers
et les agriculteurs est une provocation colonialiste; il faut remonter
à la période fasciste pour trouver semblable arbitraire.
 C'est pourquoi je me sens inconditionnellement solidaire des paysans
et éleveurs de ORGOSOLO qui n'ont jamais capitulé.
j'étais en meilleure santé, je serais parmi eux"
 Emilio LUSSU - juillet 1969
Nous ne le connaissons pas, mais en fait nous le connaissons très bien par son chef d'oeuvre « Un anno sull'Altipiano », écrit en 1938 et qui est porté au cinéma en 1970 par Francesco Rosi sous le titre Les Hommes contre (Uomini contro). Il avait participé à la première Guerre mondiale en qualité d'officier de réserve dans la Brigade Sassari, constituée en grande partie de paysans et bergers sardes. Et il raconte la vie des soldats italiens dans les tranchées et décrit l'irrationnel, le non-sens de la guerre et la discipline militaire. Le roman sera publié en France sous le titre « Les Hommes contre ».
Lussu fut parmi les fondateurs du Parti sarde d'action, un mouvement autonomiste et fédéraliste qui pose au centre de son action la question nationale sarde. Ce mouvement rassemble les paysans et pasteurs sardes au nom de la distribution des terres et des pâturages contre les riches propriétaires agraires et les partis politiques qui les soutiennent, et combat la montée en Sardaigne des fascistes.
Il connaîtra aussi aussi les prisons de Mussolini.dont il s'évadera et co-fondera en exil le mouvement antifasciste clandestin insurrectionnel « Giustizia e Liberta »
Plus tard, bien plus tard en 1969 ,il soutiendra le mouvement anti - militariste contre le camp militaire de Pratobello , près d'Orgosolo.

ORGOSOLO :LUSSU
"Nous n'avons pas jeté au vent notre jeunesse pour un lopin de frontière lointaine
mais pour un plus haut idéal de liberté et de justice"


BIBLIO: Frétigné; ANTONIO GRAMSCI, VIVRE  C'EST RESISTER Armand Colin
                J. DUCOL: ANTONIO GRAMSCI, une pensée révolutionnaire     Connaissances et savoir          
GRAMSCI  «Quelques thèmes de la question méridionale »
                 https://www.marxists.org/francais/gramsci/works/1926/10/gramsci_19261000.htm

lundi 7 août 2017

1917: UOMINI CONTRO - DE STOCKHOLM A PETROGRAD

Le centenaire de la Grande Guerre se poursuit dans un silence plutôt assourdissant : comme si dans "14-18", il n'y avait que deux dates,1914 et 1918 , alors qu'il y eu 4 longues années de massacres,         ( comme ceux de PLASSENDAELE - 600000 morts !)  de deuil, de faim et de misère.
1917  est une de ces années. Quand les consciences se réveillent, quand des voix de plus en plus nombreuses se font entendre contre les marchands de canon et les partisans de la guerre "jusqu'au bout" . - en quelque sorte les néo conservateurs de l'époque.
Ces voix , les unes  appellent à la cessation des hostilités et à la  la paix, d'autres veulent la paix par la révolution.

ROUGEs FLAMMEs, ( "DES HOMMES CONTRE") a abordé dés 2014- l'histoire des minoritaires socialistes de Gand - les JGS de "de Rode Jeugd"- et  d'Anvers, autour de Jef Van Extergem
https://rouges-flammes.blogspot.be/2014/12/1914-1918-uomini-contro-les-jgs-sjw-de.html
https://rouges-flammes.blogspot.be/2014/12/1914-1918-uomini-contro-kameraad-jef.html

De même , pour  le message de  Karl Liebknecht et des "Zimmerwaldiens" - dont Lénine - qui , dés 1914 avaient proclamé :

L'ENNEMI PRINCIPAL DE CHAQUE PEUPLE EST DANS SON PROPRE PAYS"    

https://rouges-flammes.blogspot.be/2014/10/1914-1918-uomini-contro-cest-alors-que.html

https://rouges-flammes.blogspot.be/2015/09/1914-1918-uomini-contro-zimmerwald.html


Aujourd'hui , je reviens sur le grand débat en Belgique dés l'été 1917- il y a 100 ans-  sur la participation à la conférence pour la paix de STOCKHOLM, conférence par ailleurs,  jamais convoquée.

Manifestation pour la paix à STOCKHOLM
La conférence de Stockholm, au centre de l’action des minoritaires en 1917-1918, est une tentative née au printemps 1917 au sein de partis sociaux-démocrates de la 2e Internationale (les Néerlandais et les Scandinaves — pays neutres — et le Belge Camille Huysmans) de réunir une conférence de la paix regroupant les partis socialistes de tous les pays, belligérants des deux camps et pays neutres. Camille Huysmans, ancien secrétaire de l’Internationale en devient le principal organisateur.
C’est sans doute à la fois une réponse aux conférences anti -guerre de Zimmerwald et Kienthal, qui avaient lancé un appel à la paix immédiate et une tentative des centristes pacifistes au sein de la 2e Internationale de profiter de la nouvelle donne créée par la révolution russe de février 1917 .
En effet,  l’éphémère gouvernement russe de Kerenski et les sociaux démocrates mencheviks soutenaient leur tentative de ressusciter  l’Internationale assassinée en août 1914. 
Mais c’est avant tout, contraints et forcés par la volonté de paix immédiate qui monte dans toute l’Europe, et en particulier de Russie, des tranchées, des usines et des faubourgs.
Camille Huysmans : Dans l'ombre des titans"
Mise sur les rails, cette conférence de paix, sorte de Versailles social-démocrate avant la lettre, met en place une consultation préalable à l’été 1917 de tout ce que l’Europe compte d’organisations socialistes — y compris toutes les minorités nationales des empires moribonds, y compris les minoritaires pacifistes des différents pays, y compris des partisans de la guerre jusqu’au-boutistes. Mais, finalement, le projet avorte.
Lénine et les bolcheviks russes, prônant depuis 1914 et dans toutes les réunions internationales une rupture radicale et définitive avec les sociaux patriotes de la 2e Internationale, boycottent la conférence — non sans débat interne puisqu’un dirigeant de Petrograd Kamenev appelle à y participer.
Les fous de guerre, imbibés de nationalisme et de chauvinisme, tels nos dirigeants POB, Vandervelde De Man et De Brouckère,  s’ils participent aux consultations de l’été 1917, refusent jusqu’au bout de s’asseoir à la même table que leurs ennemis (les sociaux-démocrates allemands et autrichiens, fussent-ils même opposés à la guerre).
De plus, les dirigeants impérialistes des gouvernements français et anglais, tels Lloyd George, Clemenceau ou Wilson ne sont pas prêts à laisser aux sociaux-démocrates la main sur la guerre ou la paix. Dans une belle unité, les gouvernements italien, anglais, français et américain refusent d’accorder des visas aux congressistes. Le moment venu, après encore quelques millions de morts, à Versailles, ils imposeront eux-mêmes leur odieuse paix.
Il n’empêche. Dans le climat de nationalisme belge chauvin, de haine de tout ce qui est « boche » qui traverse toute la société, entretenu aussi bien par le gouvernement du Havre que par la direction du POB, la volonté de paix immédiate, montant du peuple, se cristallise dans la gauche de Belgique sur la convocation ou non de la conférence sociale-démocrate de Stockholm.
La position des institutions était claire : « Le POB se refuse à collaborer à une action en faveur d’une paix immédiate […]. Le POB considère comme dangereuse toute agitation en faveur d’une paix prématurée. Le POB se refuse catégoriquement à entrer actuellement dans cette voie illusoire et dangereuse. […]. C’est par la continuation de la guerre que — du dehors ou du dedans — seront brisées les dernières résistances au triomphe de la démocratie et du droit 28. »

Quant au gouvernement du Havre, dans lequel siège Émile Vandervelde, Le Socialiste belge, journal des socialistes belges résidant en Hollande, proche de Huysmans, résume bien sa position : « Le gouvernement belge considère Stockholm comme une œuvre de trahison devant amener une paix allemande. Le gouvernement belge refuse des passeports pour Stockholm. Le gouvernement belge juge que “la paix est la besogne des gouvernements ; que la place des travailleurs est dans les tranchées et dans les fabriques de munitions”29. »
La revendication d’une conférence n’est certes pas le monopole des deux groupes minoritaires flamands organisés à Gand et Anvers. Charles Massart écrit : « Enfin Stockholm vint et ce fut le point de discrimination entre “jusqu’au-boutistes” et “pacifistes”, entre “majoritaires” et “minoritaires”. » Il écrit, en note : « si je ne parle pas des réunions de Kienthal et de Zimmerwald, c’est qu’elles furent relativement peu connues en Belgique, et que les minoritaires tout au moins n’eurent pas l’occasion de prendre position30 ».
Joseph Jacquemotte, dirigeant internationaliste du syndicat des employés, se bat au sein du Conseil général du POB en présentant une motion pour la conférence de Stockholm, rejetée le 22 août 1917 par 70 voix contre 5 ! C’est au sein de la Centrale d’éducation ouvrière que dirige Charles Massart que la flamme internationaliste continue à brûler dans les structures du POB : « elle a été le lien rouge rattachant les camarades isolés de province au centre31 ». Fin décembre 1917, début décembre 1918, c’est dans la fédération bruxelloise du POB que la fronde pro-Stockholm se répand : motion de la Ligue ouvrière de Bruxelles, ordre du jour de la Ligue d’Uccle, réunion du comité national de la Commission syndicale, ordre du jour de la Ligue de Laeken. Le 30 janvier 1918, au sein du Conseil national du parti, « Jacquemotte fut le principal interprète des tendances de ceux qui estimaient qu’on devait aller à Stockholm pour être certain de reconstituer en temps utile l’Internationale afin qu’elle pût, à l’heure sonnée, intervenir pour que le rétablissement de la paix coïncide avec le triomphe de la démocratie dans le monde et la plus énergique action du prolétariat international 32 ».
Mais dans un nouveau vote, les minoritaires sont à nouveau battus par 26 voix contre 16
Joseph Jacquemotte épouse en août 1914 la position unanime du POB de « défense de la patrie » ; la publication de L’Exploité est interrompue. La guerre met un frein à son travail d’agitation. Il suit les cours de Charles Massart qui, à la Centrale d’éducation ouvrière, l’initie au marxisme. Il collabore comme syndicaliste à l’œuvre du Comité national de secours et d’alimentation, prend la défense des employés communaux opposés à la flamandisation de l’administration bruxelloise exigée par le Conseil de Flandre (il participe à leur manifestation, à la Grand-Place). Le réveil syndical précède l’armistice avec une grève de cinq mois en 1918 des 450 employés du Grand Bazar de Bruxelles, qu’il dirige en pleine occupation 33.
Sous l’effet de la révolution d’Octobre, d’autres groupes internationalistes se développent, comme un Groupe internationaliste — section belge, dont fait partie Félix Coenen, dirigeant JGS, futur fondateur du Parti communiste, qui déclare « criminel et contraire au principe du socialisme de vouloir contribuer au maintien de l’état de guerre ».
À Huy, un groupe L’ère nouvelle se constitue, avec Joseph Thonet militant du POB, ancien JGS. À Bruxelles, Van Overstraeten, secrétaire des JGS, artiste peintre, anime un groupe rallié à la révolution d’Octobre.
La propagande antimilitariste des groupes anarchistes s’amplifie et, un temps, ils soutiennent la révolution d’Octobre. Ainsi, dans un message au soviet de Petrograd, un Comité de défense sociale — parmi eux, Théo Counet, un des fondateurs du PC — « adresse ses félicitations pour l’œuvre accomplie par votre gouvernement […]. Il n’est pas homme au monde qui ait un intérêt avouable à vouloir la continuation de la guerre. Nous nous rangeons donc à vos côtés pour le triomphe prochain d’une paix honorable34. »
La gauche socialiste minoritaire belge, cette « infime minorité » comme disait Charles Massart, offre donc un visage bien contrasté, bien contradictoire. 
D’un côté, Jef Van Extergem inscrit l’action du VSAG dans le cadre du Raad van Vlaanderen et soutient la création de l’université flamande, de l’autre Joseph Jacquemotte appelle à la grève des fonctionnaires contre la flamandisation de l’administration bruxelloise.
"Notre point de vue"  Manifeste du Vredesgroep
 D’un côté, le Vredesgroep, exclu du POB, appelle en 1918 à une 3e Internationale et de l’autre les minoritaires anversois restent, vaille que vaille, dans le giron du parti. Leur plus grand dénominateur commun est la paix immédiate par la négociation, au moyen de la conférence de Stockholm. Après son échec, leur catalyseur politique est la révolution russe d’Octobre, et leur talon d’Achille, la question flamande. Visages contradictoires de groupes jeunes mais courageux, encore peu expérimentés, plongés dans l’inextricable complexité de la société belge.
Et pourtant, c’est de ces contradictions, à partir des composantes de cette gauche radicale minoritaire, que naît, en 1921, le Parti communiste. En octobre 1919, les Gantois et une partie des Anversois forment les premiers, une organisation communiste en Belgique : le Kommunistische Bond ou KP-Vlaamse Federatie, avec le journal De Internationale. Par la suite, à travers un processus complexe de fusion-séparation-fusion et à travers de nombreuses contradictions idéologiques (participer ou non aux syndicats, participer ou non aux élections, soutenir ou non le mouvement flamand), « l’infime minorité » se rassemble pour former en septembre 1921 le PCB.
Voir l' article 

Minoritaires socialistes — pacifistes, flamingants et révolutionnaires — contre la guerre

complet dans "Etudes Marxistes" n°112
Notes
28 Mémoire du Parti ouvrier belge, Juillet 1917, Londres 1918.
29 « Stockholm-Le Havre », Le Socialiste Belge, hebdomadaire bilingue de l’Union des travailleurs socialistes résidant en Hollande, 1er septembre 1917.
30 Charles Massart, , La Belgique socialiste et communiste, Librairie de l’Humanité, 1922, p. 123.
31 Claude Renard,  « Octobre 1917 et le mouvement socialiste belge », Fondation Joseph Jacquemotte, Bruxelles 1967.  p. 43.
32 M. A. Pierson, Histoire du socialisme en Belgique, Institut Emile Vandervelde, 1953, p. 134.
33 Jules Pirlot et Milou (Émile) Rikir, Joseph Jacquemotte (1886-1936), Bruxelles, CarCoB, 2011, http://www.carcob.eu/IMG/pdf/biographie_joseph_jacquemotte.pdf.
34 Claude Renard, op. cit., pp. 74-75.

dimanche 23 juillet 2017

MA FACTURE D' ELECTRICITE 2 : LES CONSOMMATEURS WALLONS ONT AUSSI LEUR(S) "TURTELTAX"

La cour constitutionnelle a donné raison aux 20000 plaignants consommateurs d'électricité en région flamande qui avaient demandé à l'initiative du PTB - PvdA, l'abrogation de la "TURTELTAX".
Cette taxe ,mise en oeuvre par l'ex ministre TURTELBOOM faisait payer au citoyen les primes et cadeaux faits par le gouvernement de la région flamande aux entreprises qui investissaient dans des panneaux photovoltaïques et qui ainsi s'en étaient mis plein les poches!
Elle a été jugée illégale et inconstitutionnelle pour la bonne raison qu'un citoyen ne peut être taxé deux fois pour la même chose!
Alors je me suis replongé dans ma facture d'électricité pour voir si en Wallonie aussi, nous n'étions pas taxés deux fois pour la même marchandise, si ,outre la redevance TV que nous devons toujours payer, nous n'avions pas aussi notre ou nos "TURTELTAX" !!


Dans un premier article «  PUBLIFIN - NETHYS - RESA et MA FACTURE D' ELECTRICITE : LA GROSSE ARNAQUE ? »,
j'avais épluché ma facture du point de vue surtout des coûts de distribution et du rôle du distributeur (GRD) RESA
Voici la suite :


ELIA SYSTEM OPERATOR : LA BULLE PHOTOVOLTAIQUE

Elia « est le gestionnaire du réseau de transport (GRT) d'électricité à haute tension (de 30.000 à 380.000 volts) en Belgique. L’entreprise gère le transport de l’électricité depuis les producteurs vers les gestionnaires de réseau de distribution, qui alimentent à leur tour les PME et les particuliers « .
Elia est aussi une société de droit privé (SA) qui mélange à travers un réseau complexe de participations un actionnariat public et privé.
De nombreuses structures intercommunales de tout le pays dont par ex. PUBLIFIN, mais aussi des sociétés de droit privé à capital public comme NETHYS, le gouvernement belge, Katoen Natie, le géant du port d 'Anvers ( 5% du capital), BELFIUS , etc.
Mais ce qui m'intéresse dans l'affaire , c'est de comprendre pourquoi ma facture de transport a entre 2011 et 2014, augmenté de 83€ (+188%)

Et c'est la 5ème ARNAQUE :

Nous payons la « bulle photovoltaïque » créée en 2008 par le gouvernement wallon – le ministre Antoine , un des chevaliers « humanistes » d'aujourd'hui et accompagnée d'abord , puis combattue mais sans mise en cause du système libéral, par le ministre NOLLET.
Cela s'appelait le système SOLWATT.
Bel exemple de la nuisance que peut provoquer une transition énergétique fondée sur la toute puissance des lois du marché.
Pour favoriser l'installation de panneaux PV, ils ont multiplié les aides de la région aux consommateurs privés , sous forme de déductions fiscales - 40% de la facture-, de primes -20% de la facture-, ce qui est la norme pour les économies d 'énergie, mais surtout par la distribution inconsidérée de certificats verts.
La CwaPE octroyait pendant 15 ans, 1 certificat vert pour 143 kWh produit, soit 7 FOIS PLUS QUE LA NORME DE BASE où 1 certificat vert =1000kWh produites.
Le message devenait « Installez des panneaux sur votre toit, ça va vous rapporter gros pendant 15 ans , plus que tout compte d'épargne et que toute action en bourse. En plus, garanti par la Région Wallonne, s'il vous plaît ! »
On a ainsi transformé un objectif écologique collectif – augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique - en un système individuel de type spéculatif et boursier.
Le « certificat vert » créé par le ministre Ecolo DARAS en 2003 pour promouvoir l'énergie verte s'est transformé en une vulgaire valeur financière comme le sucre il y a 200 ans ou l'immobilier lors de la crise des sub- prime aux USA.
Objet de toutes les spéculations , conduisant à un mini krach wallon.

« il est apparu que grâce au système « Solwatt», certains ménages ont bénéficié de taux de rendement
totalement excessifs (de 20 à 30 %) sur leur investissement photovoltaïque alors que le coût du développement des énergies vertes permettant de financer de tels rendements est reporté sur l’ensemble des ménages, y compris ceux qui n’ont pas les moyens d’installer des panneaux ou sont locataires »( CEPAG avril 2013)
Incapable de valoriser sur le marché le trop plein de certificats verts créé par le boom des panneaux , ELIA qui en a la charge, - elle devait en acheter plus qu'elle ne pouvait en vendre – a lancé la patate chaude au citoyen, via les tarifs de transport.
Faites payer les pauvres, ils sont les plus nombreux...
Si on veut dresser le peuple contre toute idée de transition énergétique, on ne ferait pas mieux.
Et aussi, si on veut dresser les gens les uns contre les autres : les locataires ou les propriétaires qui n'ont pas eu les moyens d'installer des panneaux contre les « bobos aux »4 façades », la réalité étant par ailleurs bien différente.
Et voilà pourquoi ma facture a augmenté entre 2012 et 2014 de 83€/an pour les frais de transport, ceux ci ayant encore augmenté depuis ( de 2,4 à 2,6 c€/kWh)




TAXES ET REDEVANCES A GOGO
Si on épluche sa facture d'électricité, on découvre aussi qu'elle regorge de taxes, redevances, cotisations, abonnements de tout genre.
Le consommateur d'électricité est , comme l'automobiliste, ou le consommateur d'eau, ou celui qui met sa poubelle à rue ,c'est à dire nous tous, simples citoyens de ce pays, la vache à lait des multiples instances de pouvoir , fédéral, régional, communal , et d'organismes multiples à financer.
En y introduisant ces postes supplémentaires à payer, on vise le citoyen lambda, c'est à dire les revenus les plus faibles ( pour qui ces surcharges de facture sont les plus lourdes) et on soustrait les revenus les plus élevés à un impôt plus juste progressif, calculé sur le revenu .
« Faites payer les pauvres »...toujours et toujours

C'est la 6 ème ARNAQUE : LES IMPOTS DEGUISES.


  • 1* Le consommateur paie une « cotisation énergie » (autour de 10€ pour moi) pour financer la sécurité sociale ( !?)
la cotisation sur l'énergie est un impôt indirect (accise) frappant la mise à la consommation ou l'utilisation de gaz naturel et d'électricité. Le montant ainsi perçu, selon la loi du 22/07/93, sert au fonds pour l'équilibre financier de la sécurité sociale. ( portail Energie de la Région Wallonne)
Mais cet impôt indirect est quand même taxé une 2ème fois par la TVA.

  • 2* Nous payons aussi une « Taxe CV offshore » ( 16€ htva dans ma facture)
« La  ...surcharge certificats verts offshore : vise à contribuer au développement de l’électricité produite à partir de sources renouvelables. »
Nous contribuons donc au développement par l'industrie privée de leurs investissements dans le renouvelable, et cette taxe est elle aussi taxée une 2ème fois par la TVA.

  • 3* « La redevance de raccordement au réseau électrique : versée au Fonds Energie de la Région wallonne, qui sert à financer la CWaPE, des actions en matière de protection de l’environnement ou ... la promotion des énergies renouvelables et la guidance sociale énergétique par les CPAS. » (3€ )

  • 4* La cotisation fédérale (autour de 10€) finance la CREG , la dénucléarisation de Mol, les fonds énergie des CPAS etc..
Ces 2 derniers postes sont les seuls de ma facture non soumis à la TVA
Si on ajoute ,la contribution à l'énergie verte, l'ensemble de ces taxes, cotisations, redevances, contributions etc. représentent 16 % du total de la facture – en plus des 17% de la TVA !!


LA TAXATION « VERTE » :
« VOUS VOULEZ SAUVER LA PLANETE ? ALORS PAYEZ  ! »
La 7ème ARNAQUE est particulièrement révoltante : c'est la « contribution à l'énergie verte »
C'est un poste en spectaculaire augmentation -il représente en 2016 environ 10% de ma facture – 90€ ( tva c) Et il est programmé pour augmenter chaque année.



Et attention , cher lecteur, on sort ici du monde réel, on entre dans un monde virtuel complexe imaginé par les modernes « penseurs » , du « retour vers le futur » de la Région Wallonne.
Accrochez vous, car c'est difficile à comprendre .
Pour « favoriser la production et la consommation d'électricité à base d'énergie renouvelable verte» dont le coût de production est supérieur à celui des filières nucléaire ou fossile, le gouvernement wallon impose chaque année aux fournisseurs d'électricité un « quota d'énergie verte » théorique

2011 :11,8% ; 2012:13,5% ...2014:23,1% ;2015 : 27,7% ; 2016:32,4% ;

2017:34,03%....2020:37,9%

Non pas que cela représente une réelle production ou consommation d'énergie verte dans le pays . Mais c'est -disons voir- une sorte de taxe incentive , le financement d'un quota théorique , d'une norme fixée par le gouvernement de la région wallonne.
C'est évidemment surtout une manière déguisée de faire circuler le surplus énorme de certificats verts , et de le faire payer par vous et moi, une deuxième fois ! ( en plus des frais de transport)
Ces quotas augmentent chaque année , et sont régulièrement revus à la hausse.
Et chaque fournisseur d'électricité doit respecter ces quotas en achetant sur le marché, un certain nombre de des certificats verts –oui, oui toujours eux- sous peine d'amende en cas de contravention.
. « Un certificat vert est un titre immatériel qui ne prend une valeur financière que lorsqu’il est vendu. Une fois les certificats verts déposés sur votre compte-titre, il est indispensable pour les valoriser de trouver un acheteur « 
Par exemple en 2016, Lampiris doit se fournir sur le marché de certificats verts représentant une valeur de 32,4% ( c'est le quota 2016) de ses ventes totales, et en fournir la preuve à la CwaPE.
lambda.
Chaque fournisseur dont le porte feuille est ainsi grevé de ces certificats verts a évidemment intérêt à  les valoriser en se fournissant en électricité verte, ou en les écoulant sur le marché des certificats verts »Ils pourront par exemple les revendre au gestionnaire de réseau de transport (Elia) ou à une société de courtage. » qui sont en en quelque sorte des « banques de certificat verts »

Mais nous, nous n'en voyons pas la couleur fut elle qualifiée de verte !
Personne d'ailleurs n'en voit la couleur, puisque ce sont des quantités virtuelles , qui n'ont pas de réalité dans la qualité de l' électricité , grise ou verte , réellement produite OU consommée en Wallonie.
Mais – et nous revenons là dans le monde réel de notre porte feuille -,il faut bien que quelqu'un les finance ces certificats verts virtuels ! Et bien c'est nous , les consommateurs !
« 
L’achat de certificats verts représentant une charge financière supplémentaire pour le fournisseur, celui-ci reporte simplement ce coût sur l’entièreté de ses clients. « 
C'est cela la contribution à l'énergie verte . »faites payer les pauvres... »

On pourrait dés lors ,en citoyen logique qui réfléchit, se dire que au moins , en Wallonie, en 2016, nous consommons tous ensemble citoyens raccordés à l'électricité autour de 33 % d 'électricité verte, PUISQUE NOUS PAYONS UNE TELLE CONTRIBUTION !!

Nenni valet!
Par exemple, en 2014, en Wallonie , l'électricité d'origine renouvelable réellement consommée représentait 14,3% . Mais le quota imposé , fictif, était de 23,1%.
Et ces quotas vont augmenter inexorablement jusqu'en 2020.
Très bien , direz vous. Au moins cette hausse spectaculaire des quotas va t-elle induire d'ici 2020 , on peut l'imaginer, une volonté politique et un développement tout aussi spectaculaires des investissements en énergie verte .
Faut pas rêver !
« Le gouvernement wallon PS-CDH a donné un coup de frein aux objectifs jugés trop ambitieux de son prédécesseur PS-Ecolo-CDH en repoussant de six ans l’objectif d’électricité produite à partir d’énergie renouvelable, tout en restant selon lui dans les balises du paquet énergie-climat de l’Union européenne, afin de maîtriser les coûts.Les 8.000 gigawatts-heure (GWh) d’électricité produite à partir d’énergie renouvelable que le gouvernement précédent ambitionnait pour 2020 ne seraient dès lors atteints qu’en 2026 » Le Soir 29/04/2015


Là, c'est la GROSSE ARNAQUE : payer PLUS de « contribution à l'énergie verte, pour produire MOINS d'énergie verte ! »
Mais la contribution à l'énergie verte, que nous payons chaque année , elle n'a pas été revue à la baisse!Elle augmentera inexorablement jusqu'en 2020.
2015 : 1,939c€/kWh ; 2016 : 2,268c€/kWh ; 2017 2,3821c€/kWh

N'est ce pas donc là aussi une taxe déguisée, déguisée scandaleusement en une sorte de fantôme insaisissable peint en vert , appelé « énergie verte » ou « certificat vert » !
Cette taxe déguisée est d'ailleurs elle aussi soumise à la TVA . Donc double taxation .


De toute façon , faire payer la transition énergétique par le consommateur lambda est une honte .
En gros mon point de vue purement « populiste » est que , les industriels- notamment ceux de la production d'électricité - ont bousillé la planète ;
soit en accumulant dans l'atmosphère des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, soit en accumulant des déchets nucléaires non contrôlés.
On ne peut la sauver qu'en passant dans les 30-40 ans qui viennent à 100% d'énergie renouvelable , ( et en trouvant des vraies solutions au problème des déchets radio actifs)
Bien sûr toute la société est responsable, mais ce sont eux, ces industriels qui se sont gavés de profits et leurs actionnaires financiers qui se sont gavés de dividendes .
Et maintenant, ils nous disent : minute papillon, c'est vous qui allez payer.
Pas TOTAL, ou GDF, pas EXXON ou RKW, qui se sont gavés et continuent à se gaver !
Non, vous !
Vous voulez préserver vos enfants, petits enfants, arrière petits enfants, pas seulement les vôtres, mais ceux du monde entier ; vous voulez sauver la planète ?
Alors payez !

Basta cosi !

L'électricité n'est pas une marchandise, mais, au stade de civilisation avancée où nous sommes, un bien commun, comme l'eau, l'air que nous respirons , l'hygiène publique , l'école , la santé etc...
Un bien commun qui doit être géré comme tel par un service public, accessible à tous les citoyens , pour satisfaire leurs besoins communs élémentaires au XXIème siècle, s'éclairer, se chauffer,s'informer, cuisiner pour se nourrir etc. , et ce quels que soient leurs revenus .
La production et tout le cycle de l'énergie renouvelable doit être placée sous l'autorité d'un service national de l'énergie, et financée notamment par les profits accumulés des quelques multinationales de l'énergie.